L’OAQ favorable à l’établissement d’entreprises de transformation locale dans la zone agricole

Montréal (Québec), 27 août 2007 – L’Ordre des agronomes du Québec (OAQ) considère que l’occupation adéquate du territoire agricole passe par une diversification des activités agricoles. Dans son mémoire qu’il présenteaujourd’hui devant la Commission sur l’avenir de l’agriculture et del’agroalimentaire québécois (CAAAQ), l’OAQ demande donc à l’Etat d’instaurerdes politiques de soutien des activités de transformation locale, et même deprévoir des assouplissements dans les différentes lois et règlements quigouvernent la mise en place d’entreprises de transformation locale dans lazone agricole afin de favoriser l’établissement de la relève et la présence demarchés de proximité. L’OAQ encourage également les MRC à se doter des outilsde planification requis pour assurer le développement harmonieux des activitésagricoles dans leur zone agricole. « Il est primordial de favoriserl’utilisation prioritaire des sols productifs à des fins agricoles et ne pasdélaisser les bonnes terres agricoles au profit de l’étalement urbain, desstructures de transport ou même des nouvelles structures de productiond’énergie », indique le président de l’Ordre des agronomes du Québec, M. ConradBernier. Interpellé sur les interventions gouvernementales dans le secteuragroalimentaire, l’OAQ constate que certaines politiques de l’Etat sontincohérentes et entraînent des effets contradictoires sur le milieu. L’Ordrecite notamment l’exemple de la monoculture de mais qui est encouragéeindirectement par les programmes d’assurance-récolte et d’assurancestabilisation au détriment des céréales, alors que cette pratique estincompatible avec les orientations en matière de protection del’environnement. Pour remédier aux contradictions actuelles, l’OAQ recommandela création d’une instance dont l’indépendance serait garantie, pour analyserl’ensemble des politiques agricoles et agroalimentaires et s’assurer de lacohérence des solutions qui seront proposées par la CAAAQ aux termes de sestravaux et de leur mise en place.

Accessibilité et qualité des services-conseils
L’Ordre des agronomes du Québec estime que la diversité actuelle desformules de prestation de services-conseils agronomiques permet de répondreaux besoins diversifiés des clientèles variées, mais signale toutefois unmanque d’effectifs pour des créneaux particuliers ou en voie de développement,surtout en région. Pour pallier ce manque, l’OAQ demande à l’Etat de conserverun leadership pour définir les grandes orientations de développement et lesbalises à l’intérieur desquelles les nouveaux réseaux régionaux Agriconseilsdevront agir. Rappelant que l’amélioration continue des services-conseils etle développement de l’expertise du secteur agricole québécois reposentlargement sur la recherche et le transfert technologique, l’OAQ demande àl’Etat d’assurer le plein financement des activités de recherche afin quel’ensemble des conseillers et des producteurs puissent bénéficier desrésultats, et de maintenir une équipe de conseillers de deuxième ligne auxexpertises variées, au sein de la structure étatique ou à l’extérieur decelle-ci, pour réaliser des essais à la ferme et des projets de transferttechnologique. L’OAQ demande également à l’Etat de soutenir financièrement lesactivités de veille et de diffusion du savoir, notamment celles du Centre deréférence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) qui contribuegrandement à la formation continue des intervenants du secteuragroalimentaire. Enfin, puisque la qualité des services agronomiques relève deson mandat, l’OAQ prévoit modifier les exigences envers les candidats à laprofession d’ici 2010 pour répondre aux nouvelles exigences du marché,instaurer un programme de mentorat à l’échelle du Québec et mettre en placeune politique de formation continue obligatoire pour tous les agronomes.

Une richesse collective, un choix de société
Intitulé « L’agriculture et l’agroalimentaire québécois – Une richessecollective, un choix de société », le mémoire de l’Ordre des agronomes duQuébec contient également diverses recommandations quant à la protection del’environnement, l’étiquetage des produits alimentaires et les relations avecles citoyens-consommateurs. Ce mémoire est disponible sur le site Internet dela CAAAQ à www.caaaq.gouv.qc.ca et sur le site de l’OAQ à www.oaq.qc.ca. Ilest à noter que l’OAQ reviendra à nouveau devant la Commission le 31 aoûtprochain pour présenter un mémoire élaboré conjointement avec l’Ordre desmédecins vétérinaires, l’Ordre des chimistes et l’Ordre professionnel desdiététistes. L’intérêt de l’OAQ pour les travaux de la CAAAQ est fortcompréhensible car de tout temps, les agronomes ont été les agents dechangement qui ont permis au secteur agricole d’innover, de répondre auxdemandes exprimées et de relever les nombreux défis qui se présentaient.Aujourd’hui, et plus que jamais si l’on considère les enjeux en cause, lesagronomes sont appelés à être des personnes-ressources pour répondre auxbesoins des producteurs agricoles et aux exigences de la société québécoise.

L’Ordre des agronomes du Québec, ordre professionnel constitué en vertude la Loi sur les agronomes et régi par le Code des professions, a pour mandatd’assurer la protection du public en garantissant la qualité des servicesprofessionnels offerts dans son champ d’expertise.

L’Ordre des agronomes compte quelque 3 300 membres oeuvrant dans tous lessecteurs de l’industrie agroalimentaire, tant au chapitre de la productionagricole, de la recherche et développement que de la transformation et de lamise en marché des aliments. L’OAQ partage également la responsabilité deprendre en charge l’intérêt des tiers dans les dossiers relevant de sondomaine d’activité et de mettre l’expertise de la profession au service de lasociété, d’où sa participation aux travaux de la CPAAAQ.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ)
http://www.caaaq.gouv.qc.ca/

Ordre des agronomes du Québec
http://www.oaq.qc.ca/

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