L’Union paysanne s’oppose au contingentement de la production acéricole

Saint-Germain-de-Kamouraska (Québec), 17 juin 2003 – Devant la Régie des Marchés agricoles, l’Union acéricole paysanne, qui représente maintenant plus de 300 acériculteurs qui osent afficher leur dissidence malgré les risques se sévices auxquels ils s’exposent de la part du syndicat obligatoire dominant, s’est opposée vigoureusement au règlement proposé par la Fédération de l’UPA pour contingenter la production de sirop d’érable.

L’Union acéricole paysanne conteste l’opportunité d’établir des quotas dans une production où nous dominons le marché mondial. Tout comme plusieurs des acériculteurs qui sont venus aussi exprimer leur désaccord, l’Union acéricole paysanne conteste d’ailleurs que le règlement en question, dont personne n’a pu obtenir copie ni de la Fédération ni de la Régie, ait fait l’objet d’une information et d’un consensus réel des acériculteurs.

Si la Fédération de l’UPA réclame ces quotas, c’est essentiellement parce que, pour s’assurer le contrôle de cette production et à l’encontre de toutes les libertés civiles et de toutes les règles du marché, elle a imposé l’an dernier, sans information suffisante, une agence de vente unique et obligatoire, financée par le Financière agricole. Cette agence a encouragé systématiquement la surproduction par des prix garantis et restreint l’accès des marchés aux producteurs et aux acheteurs en obligeant tous les vendeurs à passer par la Fédération. Et maintenant, la Financière agricole, craignant pour ses avances, exige un contrôle des surplus, et les Caisses Desjardins, qui siègent à la Financière, annoncent qu’elles ne prêteront plus à ceux qui n’auront pas de quotas!

L’Union acéricole paysanne continue à prétendre, devant la Régie, que cette agence n’était pas justifiée et que le marché libre était en mesure de payer sur livraison plus de 70 millions de livres de sirop, dont plus de 50 millions en vrac, et cela à un prix raisonnable négocié, comme l’a démontré la mise en marché du sirop de 2001. Au contraire, l’agence de vente n’a réussi sur un an à ne payer que 60% du sirop de l’an dernier.

Les opposants ont d’ailleurs fait valoir que le règlement proposé, en liant le quota à l’érablière, provoquera une surenchère du prix des érablières et créera rapidement un club fermé d’érablières industrielles qui feront disparaître des milliers d’érablières traditionnelles, privant ainsi des milliers de familles rurales d’un revenu d’appoint important. Ceux qui possèdent des érablières non encore exploitées ou louées ou qui vendent leur sirop au détail, ne pouvant obtenir de quotas, verront leurs érablières dévalorisées, d’autant plus que la Commission de protection du territoire agricole leur interdit de la bûcher.

L’Union acéricole paysanne, appuyée d’ailleurs sur ce point par plusieurs des acériculteurs qui se sont exprimés, réclame un retrait de ce règlement et un référendum sur l’agence de vente.

« Il faut rendre cette production aux producteurs, conclut le mémoire de l’Union acéricole paysanne, leur laisser l’accès aux marchés d’exportation, les soutenir au besoin pour qu’ils puissent en tirer un revenu familial décent, et laisser les transformateurs et les acheteurs faire leur travail de mise en marché dans le cadre général de prix négociés et des règles du marché libre ».

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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