Malgré la sécheresse, des récoltes abondantes en France sauf pour le maïs

Paris (France), 4 août 2005 – Les récoltes françaises, sauf pour ce qui concerne le maïs, seront abondantes en 2005, contrairement à celles des deux années de canicule de 1976 et 2003, malgré la sécheresse qui oblige à restreindre l’usage de l’eau dans 66 départements.

La réunion du « comité sécheresse », jeudi après-midi au ministère de l’Agriculture, a d’ailleurs constaté que la production agricole était globalement satisfaisante.

« La situation fourragère est correcte, pas trop mauvaise », a-t-on indiqué au ministère de l’Agriculture, « même si 40% des régions fourragères connaissent un déficit important, contre 70% en 2003 ».

Le gouvernement français a demandé à la Commission européenne l’autorisation d’utiliser, pour la nourriture des animaux, les parcelles mises en jachère dans les 17 derniers départements agricoles de l’Hexagone, en plus des 77 qui avaient déjà reçu le « feu vert » de Bruxelles.

Seul le maïs, qui représente à lui seul la moitié des surfaces agricoles irriguées, devrait connaître une baisse de production comprise entre 15% à 20%, selon l’Association générale des producteurs de maïs.

Pour la variété commercialisée, le maïs grain, dont la récolte débutera à la mi-septembre au lieu de début octobre, l’estimation varie entre 13,2 et 14 millions de tonnes, contre 16,4 millions de tonnes en 2004, mais sera de toute façon largement supérieure à celle de 2003 (12 millions de tonnes).

La baisse est d’ailleurs davantage liée à une forte diminution (-10% par rapport à l’an dernier) des surfaces semées en maïs par les agriculteurs qui ont su anticiper le manque d’eau.

En revanche, l’estimation de la prochaine vendange – soit 55,950 millions d’hectolitres de vin – a été une nouvelle fois révisée à la hausse jeudi par l’Office national interprofessionnel des vins (Onivins). Elle devrait être très proche de l’abondante vendange de 2004 (58,8 millions d’hectolitres) ce qui viendra accentuer les problèmes de commercialisation des vins français, car les cuves sont déjà largement remplies.

Fin juillet, le niveau des stocks de vins atteignait 28,31 M hl, soit 3 M hl de plus que l’an dernier à la même époque, souligne l’Onivins.

Comme prévu, la France devrait aussi connaître une abondante récolte de blé tendre, la principale céréale – soit 36,3 millions de tonnes prévues -, au même niveau que celle de 2004 (37,5 Mt) et proche du record historique de 1998 (38,3 Mt). Alors que la récolte est terminée, sauf dans l’extrême nord du pays, l’estimation définitive devrait être donnée le 11 août par l’Office national interprofessionnel des céréales (Onic).

La production de betteraves, avec un rendement prévu de 11,5 tonnes par hectare, devrait permettre une production de 4 millions de tonnes de sucre, selon la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB).

La récolte d’orge devrait, elle, atteindre en 2005 10,5 millions de tonnes contre 11 millions en 2004 et celle de blé dur 2,0 millions de tonnes, très proche du record de 2004 (2,1 millions).

La production de fruits et légumes est tellement abondante que le ministère de l’Agriculture a été obligé de déclencher un « seuil d’alerte », premier niveau de la « gestion de crise », pour la poire Guyot et la prune française (72 000 tonnes pendant toute la saison) qui rencontrent des difficultés de commercialisation.

Des campagnes de publicité à la radio sont engagées pour inciter les Français à consommer plus ces deux fruits.

Source : AFP

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