Moscou ne peut pas se passer des importations de viande européenne

Moscou (Russie), 16 mars 2001 – La Russie, dont un tiers des besoins en viande sont assurés par les importations, ne peut se permettre de fermer totalement ses frontières aux importations de viande européenne, a estimé l’Union des viandes russes, citée vendredi par l’agence Interfax.

Les services vétérinaires soulignent parallèlement, que si les importations officielles sont surveillées et sans danger, « la contrebande de viande peut poser de sérieux problèmes de santé », a indiqué Interfax.

Selon Iossif Rogov, président de l’Union des viandes, les ventes illégales représenteraient 40% du marché de la viande en Russie.

Cela signifie, selon lui, que tôt ou tard les Russes sont susceptibles de consommer des produits infectés.

La Russie n’est pas capable « de lancer une production supplémentaire d’urgence », qui prendrait deux ans et demanderait de lourds investissements, a relevé l’Union des viandes.

Elle a besoin d’importer quelque 2 millions de tonnes de viande par an pour faire face à la demande et ne peut donc suivre l’exemple de pays comme les Etats-Unis ou le Canada, qui ont fermé leurs frontières pour empêcher la propagation de la fièvre aphteuse qui frappe les troupeaux européens, ajoute l’Union.

La Russie a interdit les importations de viande de Grande Bretagne et de huit départements du nord-ouest de la France. Des experts du ministère de l’Agriculture ont laissé entendre que la Russie pourrait décréter un embargo sur toutes les viandes européennes.

Moscou a aussi mis en place une « zone tampon » dans le sud du pays pour conjurer le danger que représenteraient depuis quelques années des foyers de fièvre aphteuse apparus en Géorgie, en Arménie, en Iran et en Turquie, et lancé une campagne régionale de vaccinations préventives.

Source : AFP

Commentaires