Énergie: le gouvernement français lâche du lest aux agriculteurs

Paris (France), 31 mars 2005 – Le gouvernement, préoccupé par les sondages qui montrent qu’une majorité d’agriculteurs risque de voter non au référendum du 29 mai, a décidé de prolonger de six mois, jusqu’à la fin du premier semestre, les mesures en faveur des agriculteurs pour faire face à la flambée des prix du pétrole.

Cette décision a été annoncée jeudi dans un communiqué par le ministre de l’Economie Thierry Breton, qui se rendait dans la matinée dans une exploitation agricole dans les Bouches-du-Rhône.

Le chiffrage du coût de ces mesures est pour le moment impossible car les agriculteurs ont jusqu’au 31 mai 2005 pour présenter leurs factures afin d’obtenir un remboursement, a indiqué à l’AFP le ministère de l’Agriculture.

Les 640 000 exploitants agricoles français dépensent actuellement, sur une année pleine, environ 400 millions d’euros pour leur facture énergétique, selon le syndicat des Jeunes Agriculteurs.

Le gouvernement avait mis en place en 2004, à la suite notamment d’une série de manifestations des Jeunes Agriculteurs, une série de mesures pour faire face à l’augmentation des charges supportées par les exploitations du fait de la hausse du brut.

Thierry Breton s’était engagé le 17 mars à ce que ces mesures soient poursuivies « si la situation perdurait ». Or le cours du baril de pétrole est installé au dessus de 50 dollars, soit le double du prix de l’an dernier.

Ces mesures, qui s’appliquaient aux volumes de gazole et de gaz naturel acquis entre le 1er juillet et le 31 décembre 2004, portent sur des remboursements de taxes.

La première est « un remboursement partiel, à hauteur de 4 euros par hectolitre, de la taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers (TIPP) ». Pour 2004, le coût de cette mesure avait été évalué à une cinquantaine de millions d’euros par le ministère des Finances.

La seconde est « un remboursement partiel, à hauteur de 0,71 euro/mkwh de la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN) » pour le chauffage des serres.

A l’issue du congrès de la FNSEA, le principal syndicat agricole, qui s’est tenu la semaine dernière au Mans (Sarthe), son président Jean-Michel Lemétayer s’était étonné que Thierry Breton ne lui ait « pas encore répondu » sur sa demande de baisse des charges pour les agriculteurs. Le ministre « ne pourra pas faire sans le monde paysan », avait-il averti.

Selon un sondage Ifop réalisé juste avant le congrès, 69% des agriculteurs ayant arrêté leur choix avaient l’intention de voter « non » au référendum sur la Constitution européenne.

La FNSEA a choisi de ne pas donner de consigne de vote. Mais son président, partisan du oui « à titre personnel », a souligné que « le moral n’y est plus et les campagnes se désespèrent ».

L’augmentation des prix du pétrole a poussé le gouvernement à prendre ces derniers mois des mesures de compensation en faveur de différents secteurs, notamment les agriculteurs, le transport routier et les marins-pêcheurs.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

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