OGM : Chrétien croit à une solution UE-Canada en dehors de l’OMC

Athènes (Grèce), 28 mai 2003 – Le Premier ministre canadien Jean Chrétien a estimé possible que son pays et l’Union européenne arrivent à un accord bilatéral dans le conflit qui les oppose sur les organismes génétiquement modifiées (OGM) sans passer par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Les Etats-Unis et douze autres pays dont le Canada ont annoncé la semaine dernière qu’ils portaient plainte contre l’UE pour son moratoire sur les produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM), devant l’OMC.

Le Canada a « un problème sur les OGM avec l’Europe depuis quelque temps » et en a référé à l’OMC, a rappelé M. Chrétien dans une conférence de presse à l’issue d’une réunion à Athènes avec la troïka européenne.

« Nous croyons que le problème peut se résoudre et que nous pourrons trouver une solution bilatérale avec la Communaute européenne sans avoir recours à l’OMC », a-t-il dit.

Le ministre canadien du Commerce international, Pierre Pettigrew, a réclamé pour sa part « l’application par les pays membres de la loi européenne ». « Nous voulons un endroit ou nous puissions faire une demande d’approbation, (…) ce que nous voulons c’est que les pays membres mettent en vigueur leurs propres lois, qu’ils respectent leurs propres lois », a-t-il dit.

Sept pays membres de l’Union européenne, dont la Grèce, observent depuis 1999 un moratoire sur les importations de produits contenant des OGM dans l’attente de l’adoption par l’UE d’une règlementation précise en matière d’étiquetage de ces produits.

Les ministres européens de l’Agriculture avaient de nouveau affiché lundi dernier à Bruxelles leurs divisions entre partisans et adversaires d’une législation communautaire pour réguler la coexistence entre les cultures traditionnelles et celles à base d’OGM.

Le Premier ministre grec Costas Simitis, dont le pays exerce la présidence de l’UE, a pour sa part estimé que le conflit qui divise les Etats-membres de l’Union européenne est « un problème politique et non commercial ».

« C’est un problème politique car la grande majorité de la population estime que les OGM auront un impact négatif sur l’environnement et elle ne l’accepte pas », a déclaré M. Simitis.

M. Simitis a indiqué que des discussions étaient en cours entre la Commission européenne et les Etats-membres qui demandent « du temps » pour « examiner les progrès de la technologie et leur impact sur l’environnement ».

Source : AFP

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