Les nouvelles les plus lues 2020

Les nouvelles les plus lues 2020

Fini le lait jeté

Habituées à des demandes connues et régulières, les productions sous gestion de l’offre doivent composer avec une demande qui a grandement changé au cours des dernières semaines. Pour répondre à ces bouleversements, elles ont dû s’adapter très rapidement. Voici les solutions qu’elles ont trouvé.

Production laitière

En entrevue, le directeur communications, affaires politiques et vie syndicale aux Producteurs de lait du Québec, François Dumontier, explique que les nouvelles mesures mises en place par les Producteurs de lait du Québec ont permis de régler le problème du lait jeté à la ferme.

Pour le mois d’avril et la durée de la crise, les producteurs de lait ont le droit de produire 100% de leur quota, mais pas plus. « Toute production excédentaire à votre quota sera considéré hors quota et ne sera pas rémunéré et une pénalité sera appliquée », explique la directrice de la recherche économique Geneviève Rainville dans une vidéo diffusée sur la page Facebook des Producteurs de lait du Québec. Les producteurs ont bien répondu à l’appel, car en date du 17 avril, ils avaient réduit la production de 300 000 litres de lait par jour.

L’organisation a aussi décidé de maximiser l’entreposage de beurre et d’ajouter l’entreposage de fromage, de lait concentré et de poudre de lait.

Des dons de 4,3 millions de litres de lait ont été et seront fait aux banques alimentaires. « En quatre semaines, c’est l’équivalent des six dernières années en dons de lait », explique Geneviève Rainville.

Là où ça fait plus mal, c’est du côté des fromages fins. Plus de 50% des fromage ne sont pas achetés en épicerie. Bonne nouvelle, le lait de consommation se maintient. La consommation du yogourt a diminué, puis remontée.

Production de volaille

Les Producteurs de poulet du Canada se sont réunis le mardi 15 avril et ont décidé de couper l’entrée de poussins de 15% au niveau national pour la prochaine période de production. La réduction pour les provinces de l’Ouest est moindre, de l’ordre de 7,5%. Il y a donc deux niveaux différents pour permettre de répondre aux besoins des consommateurs d’un océan à l’autre.

Dans une vidéo présentée sur la page Facebook des Éleveurs de volaille du Québec, le président Pierre-Luc Leblanc explique qu’une formule sera développée pour que le Québec puisse retrouver ses allocations après la crise.

« Donc, c’est un bel élan de solidarité qu’on a eu ensemble d’un océan à l’autre afin d’avoir une allocation pour répondre à la demande », dit Pierre-Luc Leblanc.

Le dindon ont aussi connu une baisse de quota – de 10,6 millions au Canada et de 2,4 millions au Québec, mais c’était déjà décidé avant la crise de la COVID.

 

Le médecin vétérinaire au temps de la COVID

Dans le contexte de pandémie de la COVID-19, l’alimentation est ciblée comme un service essentiel. Alors, que les activités culturelles et les grands rassemblements sont annulés ou reportés, les épiceries demeurent ouvertes.

En point de presse, le jeudi 19 mars 2020, le premier ministre du Québec, François Legault, a eu un remerciement qui a fait chaud au cœur de l’UPA :

« Maintenant, en terminant, mon remerciement du jour […] je veux dire un MERCI spécial à tous ceux et toutes celles qui nous nourrissent. C’est important, je parle des agriculteurs jusqu’aux transformateurs, en passant par les camionneurs et tous les gens qui travaillent dans les épiceries. […] on a besoin de vous autres, on a besoin des gens qui nous nourrissent. Donc, vous avez un rôle primordial à jouer au cours des prochaines semaines puis, moi, je veux vous remercier. Tous ceux qui travaillent dans la chaîne alimentaire, on a vraiment besoin de vous. »

Un appel mondial

L’importance de l’approvisionnement alimentaire est ciblée par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Association mondiale vétérinaire (WVA). Ces deux organisations internationales ont joint leurs efforts pour attirer l’attention sur les rôles et responsabilités de la profession vétérinaire en matière de santé publique.

Dans la foulée des gouvernements qui ferment les activités non essentielles, ces deux organisations demandent que le travail des vétérinaires soient reconnus comme essentiels, non seulement liées à la santé et au bien-être animal, mais aussi à la prévention et à la gestion des maladies.

De son côté, l’Association canadienne des médecins vétérinaires soutient que les pratiques vétérinaires fournissent des services essentiels aux Canadiens «étant donné que la médecine vétérinaire est indispensable pour la santé publique, la sécurité agroalimentaire, l’antibiogouvernance et la santé et le bien-être des animaux», peut-on lire dans un communiqué.

Sur sa page dédiée à la COVID-19, le gouvernement du Canada, indique qu’actuellement, rien n’indique que ce virus circule chez les animaux au Canada.

Le gouvernement recommande que les personnes ayant reçu un diagnostic positif à la COVID-19 évitent tout contact étroit avec les animaux. Il est aussi recommandé de se laver rigoureusement les mains avant de toucher ou nourrir des animaux.

« À ce jour, il n’y a eu aucun rapport d’infection du bétail par le coronavirus nulle part. Cependant, les éleveurs de bétail doivent continuer de suivre les mesures de biosécurité habituelles, notamment restreindre l’accès des visiteurs ou des travailleurs qui ont pu se rendre dans une région touchée ou avoir été en contact avec une personne provenant d’une région touchée. »

Pour lire toutes les consignes, cliquez ce lien.

De son côté, dans un effort collectif de santé publique, l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec a lancé un appel à ses membres de limiter les contacts avec la clientèle que dans les cas où les animaux ont vraiment besoin de soins.

 

Gel mortel sur les cultures

Après un été qui a battu maints records de chaleur, le mois de septembre s’est amené avec des températures froides qui ont offert tout un contraste, à tel point que le mercure a chuté sous le point de congélation partout maintenant dans la province. Ce gel précoce survient deux bonnes semaines avant les dates habituelles du début octobre pour le sud du Québec. Les conséquences risquent donc d’être nombreuses pour le rendement et la qualité des futures récoltes.

L’impact dépendra cependant de bons nombre de facteurs, souligne Stéphane Myre, agronome chez Dekalb, surtout pour le maïs. «  Il faudra voir selon l’avancement des grains. La ligne de lait est assez avancée, environ dans 80% des cas (pour la région de Saint-Hyacinthe). L’amidon est déjà formé dans le grain. Le poids spécifique des grains pourrait peut-être atteint toutefois ».

Parmi les facteurs, il faut considérer le stade de développement de la culture, le bagage génétique de l’hybride, l’état de santé du plant, la température minimum enregistrée et la durée de l’épisode de gel.

Un tableau fourni par Dekalb permet de se faire une idée des possibles dommages, selon l’avancement des plants. Il faudra, par contre, quelques jours (cinq à sept jours) avant de prendre la mesure de l’impact du gel sur les plants. Même si les feuilles montrent des signes d’avoir été atteintes, il faut examiner les tiges, le pédoncule et les parties du plant pour constater jusqu’où le gel s’est avancé.

La bonne nouvelle : le champ visité par M. Myre à Saint-Simon en matinée mercredi n’était pas vraiment affecté, malgré les nombreuses gelées signalées dans les derniers jours. « La semaine qui vient s’annonce chaude, ce qui va aider les cultures. Si le froid s’était poursuivi, la machine aurait été enclenchée pour signaler la fin de la saison. »

Si les feuilles inférieures sont encore vertes, le plant de maïs peut continuer à croître et à se développer. Même si les feuilles sont endommagées, les nutriments en réserve dans la tige peuvent continuer à être distribués par translocation vers les épis.

L’agronome mentionne également que le point noir indiquant que les grains sont près de la maturité est presque atteint. Les dommages pourraient donc être limités.

L’inquiétude de plusieurs producteurs réside toutefois dans le fait de la grande variabilité des plants cette année dans un même champ. Il est vrai que les régions où le stress hydrique a été le plus important risquent d’être les plus atteintes, confirme Stéphane Myre. C’est particulièrement le cas dans les régions au nord de Saint-Hyacinthe, et entre Varenne et Verchères.

Soya

L’effet du gel dans un champ de soya en fin de saison dépend du stade de croissance de la culture au moment de l’événement. Il est rare que le gel entraîne des pertes de rendement une fois que le soya a atteint la maturité, soit le stade de croissance R8.

Un dommage aux feuilles supérieures des plants de soya signale habituellement une brève exposition au froid. En revanche, si l’ensemble des feuilles sont affectées et s’approchent de la tige, des pertes de rendement pourraient survenir.

Un gel hâtif peut ralentir le séchage de la culture au champ. En contrepartie, le soya peut être laissé au champ aussi longtemps que nécessaire pour sécher, à condition que les conditions météo après le gel soient favorables. Si le soya est récolté à un taux d’humidité supérieur à celui souhaité, on peut considérer la possibilité d’entreposer la récolte à la ferme, dans un silo aéré uniformément durant deux à quatre semaines. « Cette intervention peut contribuer à abaisser le taux d’humidité et peut aider certains grains verts à acquérir leur couleur normale à maturité », selon Stéphane Myre.

à propos de l'auteur

La référence en nouvelles technologies agricoles au Québec.

Le Bulletin des agriculteurs

Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs traite des tendances, des innovations et des dernières avancées en matière de cultures, d’élevages et de machinisme agricole dans le but de faire prospérer les entreprises agricoles d’ici.  

Articles récents de Le Bulletin des agriculteurs

Commentaires