Épidémie de grippe aviaire : y a-t-il des risques au Québec ?

St-Hyacinthe (Québec), 26 janvier 2004 – Depuis plusieurs jours les manchettes font état de la grippe aviaire en Asie. On y parle de poulets morts, mais surtout des cas rencontrés chez les humains. Qu’est-ce que cette grippe, comment se transmet-elle, et quels sont les risques réels pour les consommateurs en Amérique du Nord?

L’épidémie de grippe aviaire hautement pathogène qui a cours en Asie, s’est déclarée vers la mi-décembre 2003 en République de Corée pour ensuite faire son apparition dans d’autres pays asiatiques. En effet, cette maladie a aussi été diagnostiquée chez des oiseaux au Vietnam, au Japon, au Cambodge, à Taiwan, en Thaïlande et en Indonésie. On ignore encore le statut de certains pays et des tests sont en cours. A ce jour, seuls le Vietnam et la Thaïlande ont rapporté des cas chez des humains.

La grippe aviaire provoquée par une souche A du virus grippal, est une maladie infectieuse affectant habituellement les oiseaux et les porcs. Dans ce cas-ci la souche isolée est hautement pathogène principalement pour les poulets, causant presque 100% de mortalité chez ceux-ci. Ce qui suscite des inquiétudes au niveau de la santé publique est la présence de la souche H5N1 qui a été isolée au cours de cette épidémie. En effet, les variants de H5N1 ont pour la toute première fois démontré leur capacité à infecter directement l’humain, c’est-à-dire à se transmettre du poulet à l’humain, en 1997 à Hong Kong (18 cas dont 6 décès), et maintenant en 2004 au Viet Nam (7 décès) et en Thaïlande (2 cas dont 1 décès).

Le virus de la grippe aviaire se transmet facilement d’un oiseau à un autre, par contact direct, ou encore lorsque l’oiseau est mis en contact avec du matériel contaminé par des fientes. Dans le cas de grippe aviaire chez les humains, à ce jour, nous savons que les cas d’humains infectés ont tous été en contact direct avec de la volaille vivante contaminée. Il n’y a pas eu de cas rapporté de transmission directe de cette maladie d’un humain à un autre.

La facilité avec laquelle se répand la grippe aviaire en Asie parmi la volaille est inquiétante, mais le contexte d’élevage et de mise en marché des oiseaux est idéal à sa propagation. En effet, le très grand nombre de petits élevages de basse-cour, où différentes espèces aviaires et animales se côtoient est une première source de contamination. Ainsi, ces oiseaux sont amenés dans des marchés vivants, où les consommateurs choisissent leur volaille sur pied et la font abattre sur place. Le consommateur a donc un contact direct avec des oiseaux vivants. Puis, les oiseaux et animaux non-vendus retournent à leur basse-cour et contaminent à leur tour leur troupeau d’origine. Ces méthodes sont ainsi diamétralement opposées à celles pratiquées au Canada, où les poulets sont élevés dans des bâtiments fermés, isolés d’oiseaux et animaux sauvages, et où le consommateur achète la volaille emballée, à l’épicerie!

Les risques pour le consommateur canadien de contracter la grippe aviaire sont pour ainsi dire nulles. En effet, selon l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments, il n’y a aucune importation de poulets vivants en provenance de cette région du monde. De plus, puisque le virus est inactivé lorsque exposé à la chaleur, la cuisson à 70oC le détruira. L’Organisation Mondiale de la Santé n’a pas émise de restrictions concernant les voyages dans les pays présentant des cas de grippe aviaire H5N1, mais elle suggère fortement d’éviter les visites aux fermes, basses-cours et marchés de volailles vivantes en Asie. Avis donc aux grands voyageurs.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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