Points à se rappeler lors des semis de plantes fourragères

YT luzerne 2De la préparation du lit de semence jusqu’au choix des plantes compagnes, le semis des plantes fourragères est tout un art. Dans un article paru dans le numéro d’avril 2016 du Canadian Cattleman, le chercheur retraité Duane McCartney a passé en revue les principaux points à considérer lors des semis de plantes fourragères. Voici les principaux points qu’il aborde.

1e Les gens ne réensemencent pas assez souvent.

« Certains champs de luzerne sont tout simplement trop vieux, résultant en des pertes importantes en rendements », explique celui qui a été spécialiste des plantes fourragères au ministère de l’Agriculture, de l’alimentation et des affaires rurales de l’Ontario, Joel Bagg. « Les rendements de luzerne sont normalement très élevés durant les deux premières années, mais la troisième année, les rendements diminuent de 15 à 20%, et possiblement de 35% la quatrième année. »

2e Le travail du sol doit favoriser un bon contact entre la semence et le sol.

Les semences fourragères sont très petites. Il est donc essentiel qu’il y ait un bon contact entre le sol et la semence, surtout dans les sols secs. Un sol non compacté s’assèche trop rapidement et rend l’émergence difficile. Au besoin, compacter la surface avant et après le semis.

3e Une attention particulière doit être apportée aux besoins des plantes.

Les plantes fourragères ont de grandes exigences en phosphore et en potassium, en plus d’utiliser les ressources du sol. Une analyse de sol permet de s’assurer d’un bon pH et d’une bonne fertilisation.

4e Les espèces doivent être choisies en fonction de leur utilisation.

Si l’on choisit la luzerne, les plantes compagnes doivent être prêtes à la même période.

5e La céréale de couverture devrait être fauchée en fourrages.

Une fauche hâtive des céréales de couverture aidera la croissance des plantes fourragères en leur procurant une bonne luminosité.

6e Il ne faut pas chercher à économiser sur la qualité des semences.

« Acheter des fourrages économiques est une mauvaise façon d’économiser », dit Duane McCartney. Alors que le prix des terres augmente, le prix de la semence n’est qu’une petite partie des coûts de production des fourrages. « Il ne faut qu’un très petit rendement supplémentaire pour justifier les semences certifiées de plus haute valeur », dit Joel Bagg.

7e Un manque de contrôle des mauvaises herbes durant l’établissement nuit lors de l’implantation.

Le contrôle des plantes annuelles à feuilles larges est particulièrement recommandé.

8e Les semis purs donnent de meilleurs rendements.

L’agronome à la retraite John Waddington d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Melfort et Swift Current, a étudié les recherches sur les plantes compagnes avec les plantes fourrages des 100 dernières années. Il a observé que la température joue un rôle déterminant dans l’établissement des plantes fourragères.

Les plantes compagnes nuisent à la germination des plantes fourragères en produisant des plantes plus petites incapables de produire des rendements maxima le printemps suivant.

Le succès de l’utilisation d’une plante compagne varie selon le type de sol. Si vous utilisez une plante compagnie, il est recommandé de croiser les semis plutôt que de semer les deux espèces en une seule étape. Ceci est d’autant plus important lorsque les deux espèces croissent à des vitesses différentes.

9e Les jeunes plantes doivent être fauchées.

Il est recommandé de faucher la nouvelle plantation à une hauteur de 4 pouces (10 cm) lorsque les plantes atteignent une hauteur de 10 pouces de haut (25 cm). Ça affecte les jeunes plantes, mais aide au contrôle des mauvaises herbes. Ça aide aussi au tallage.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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