Portrait des agriculteurs français branchés

Paris (France), 25 février 2004 – Les agriculteurs devenus « agrinautes », qui sillonnent internet pour consulter la météo et les cours des céréales, vendre leurs vins ou gérer leurs cultures en temps réel, témoignent d’une nouvelle ère technologique dans l’agriculture, selon une étude de L’Atelier (BNP Paribas).

Le monde agricole est placé « au matin d’une mutation probablement aussi importante que l’avènement des tracteurs et des moissonneuses batteuses », relève cette étude.

« Face au défi lancé par la société d’une agriculture non seulement plus productive, mais plus réactive, plus qualitative et plus propre », le secteur se transforme « à grande vitesse en tirant parti des nouvelles mutations technologiques », constate la cellule de veille technologique du groupe bancaire BNP Paribas.

« L’arrivée d’internet est un phénomène relativement nouveau mais qui va modifier de façon assez profonde un secteur agricole confronté à ce nouveau défi », a lancé Dominique Potier, directeur des études de L’Atelier, en présentant cette enquête.

Si le taux de connexion des exploitations agricoles françaises reste modeste, avec 21,87% en 2003, il a presque triplé depuis 2000 et l’utilisation d’internet concerne de plus en plus des fins professionnelles, selon les chiffres de l’enquête.

Entre 25 et 40 ans, la majorité des agriculteurs français connectés sont à la tête d’exploitations de plus de 50 hectares et naviguent surtout en fin de journée, deux à trois fois par semaine, depuis leur domicile.

« S’ils recherchent d’abord de l’information professionnelle, c’est souvent avec l’idée de faire du commerce en ligne », note Jean Dechambure, responsable éditoral de L’Atelier.

Outre une connaissance en temps réel des cours des produits agricoles pour acheter ou vendre au bon moment, internet leur offre une aide pour commercialiser leurs produits, notamment le vin.

Par ailleurs, internet « apporte à la fois des possibilités de traçabilité accrues et une image de modernité compatibles avec l’esprit de la nouvelle politique agricole commune (PAC), où la productivité n’est plus le critère-clé », souligne M. Dechambure.

La possibilité de consulter en ligne des données techniques sur l’état des sols ou des cartographies de surfaces agricoles complète ainsi utilement l’« agriculture de précision », lancée dans les années 1990 et basée sur un ensemble de technologies de l’information (GPS, télédétection, capteurs de rendement).

Sans parler des machines agricoles connectées. « Tout est réuni pour nous permettre d’optimiser nos cultures en temps réel », explique un cultivateur mosellan dont la moissonneuse batteuse est équipée de capteurs de rendement mis à jour par internet et d’un GPS permettant l’établissement de cartes de rendement.

Source : AFP

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