Québec s’enligne sur les politiques pro-OGM d’Ottawa

Longueuil (Québec), 28 septembre 2005 – Une coalition de groupes de la société civile(1) dénonce le caractère vague, partiel et le manque de pertinence du Cadre d’orientation de gestion des risques environnementaux des organismes génétiquement modifiés (OGM)(2), rendu public par le gouvernementdu Québec. Dans un mémoire remis au Comité interministériel qui tient desconsultations, aujourd’hui à Longueuil, la Coalition accuse Québec des’enligner sur les politiques pro-OGM d’Ottawa.

« Après l’adoption du Protocole de Cartagena sur la biosécurité(3) en2000, le gouvernement du Québec avait promis une politique québécoise. Avecplus de trois ans de retard, le gouvernement vient d’annoncer un cadred’orientation de gestion, au lieu de proposer des mesures concrètes ettangibles, alors que les OGM continuent à être disséminés dans l’environnementet dans la chaîne alimentaire », constate Anne-Marie Turmel des AmiEs de laTerre de Québec.

« De plus, le projet plutôt vague du Québec s’aligne entièrement sur lespositions fédérales pro-OGM et ses politiques laxistes en matière debiosécurité, plutôt que sur les normes et pratiques internationales comme leprincipe de précaution. Ceci est inacceptable spécialement après le rapport dela Société royale du Canada de 2001 qui démontrait des failles très sérieusesdans la réglementation fédérale des OGM(4). Le gouvernement ne devrait pasautoriser les OGM », déclare Denis Falardeau de l’ACEF de Québec.

« La vacuité du projet du gouvernement du Québec confirme une fois de plusle manque de volonté et de leadership politique pour vraiment prévenir lesrisques environnementaux des OGM et protège de facto les intérêts commerciauxdes fabricants d’OGM comme Monsanto », affirme Eric Darier de Greenpeace.

« Comment peut-on prendre au sérieux un gouvernement qui refuse nonseulement les précautions élémentaires en matière de biosécurité mais qui n’atoujours pas mis en place l’étiquetage obligatoire des OGM au Québec, malgréla recommandation unanime, en juin 2004, de la Commission de l’agriculture del’Assemblée nationale(5) », rappelle Charles Tanguay de l’Union desconsommateurs.

« Il n’y a rien dans le projet du gouvernement qui protège lesagriculteurs conventionnels et biologiques de la contamination génétiquecausée par les OGM. Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas mis en place unrégime strict de responsabilité civile des entreprises d’OGM, comme enAllemagne, en Suisse ou comme le prévoit un projet de loi au Vermont? », sequestionne Benoît Girouard de l’Union paysanne.

1. Les AmiEs de la terre de Québec, les AmiEs de la terre de l’Estrie, l’Union des consommmateurs, le RQcOGM (réseau québécois contre les OGM), Greenpeace, l’ACEF de Québec, ENvironnement JEUnesse, l’Union paysanne, Nature Québec (UQCN) et le Réseau québécois des groupes écologistes.
2. Cadre d’orientation sur la gestion des risques environnementaux associés aux organismes vivants modifiés du groupe de travail interministériel sur la biosécurité (GTIB) du gouvernement du Québec. David Carter, MDDEP, Tél. (418) 521-3907 poste 4859.
3. La biosécurité d’après le gouvernement du Québec: « Nous ne sommes PAS prêts…et pas près de l’être » www.greenpeace.ca
4. Elements de précaution… www.rsc.ca//index.php?lang_id=2&page_id=119
5. Commission de l’agriculture, des pêcheries, et de l’alimentation. (Recommandation 18) http://www.assnat.qc.ca/fra/37legislature1/commissions/capa/ aliment/rapalimentaire.html

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

AmiEs de la Terre de Québec
http://www.clic.net/~atquebec/

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Réseau de protection du consommateur
http://www.consommateur.qc.ca/

Union des consommateurs
http://consommateur.qc.ca/union

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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