Réaction de l’AQINAC au rapport de Michel R. Saint-Pierre

Saint-Hyacinthe (Québec), 30 mars 2009 – Grandement attendu, le rapport de M. Michel R. Saint-Pierre, secrétaire général associé au ministère du Conseil exécutif du Québec et mandataire en regard du chantier de travail chargé de redéfinir les modes d’intervention en matière de sécurité du revenu, et de conclure une nouvelle convention avec La Financière agricole du Québec (chantier découlant du rapport de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois – CAAAQ), dit vouloir soutenir l’entrepreneuriat, ce que l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC) encourage. Cependant, il comporte une forme d’incohérence quant à certaines de ses grandes recommandations.

« D’entrée de jeu, avant même la table des matières, le rapport nousrappelle une phrase tirée du rapport de la CAAAQ vantant les mérites del’entrepreneuriat. Pourtant, on vient aussi dire à l’exploitation gérée defaçon entrepreneuriale que si elle dépasse le modèle, ses primes seront plusélevées, mais sa compensation demeurera égale aux autres. En plus, on ne luiouvre pas la porte pour aller chercher son manque à gagner par le marché,c’est-à-dire par la possibilité de vendre en dehors des agences de vente.C’est deux poids deux mesures; une incohérence totale », de réagir M. ChristianBreton, président du conseil de l’AQINAC, après analyse du rapport. « Oui, ondoit s’assurer d’avoir de bons modèles, mais encore faut-il laisser àl’entrepreneur le loisir de faire mieux. N’est-ce pas la base de l’espritd’entrepreneurship », questionne-t-il?

La période de transition de six ans, alors qu’ASRA et PARA secôtoieraient, apparaît comme une longue ère d’instabilité et surtout,d’iniquité entre les entreprises agricoles, même entre les productions. Eneffet, il est étonnant de constater à quel point une entreprise agricole passevite en mode « grande entreprise ». Dès qu’une ferme dépasserait le modèle, elleserait taxée d’une prime plus élevée, soit de 40 % en comparaison à 33,3 %,puis de 50 % aussitôt le modèle doublé.

« On n’a jamais vu une police d’assurance qui paie le même montant pourune prime plus élevée. Normalement, plus la prime est élevée, plus on reçoit!En réalité, cette mesure vient donner le signal que nous avons eu tort derépondre aux conclusions de la Conférence sur l’agriculture etl’agroalimentaire québécois de 1998 (le Forum des décideurs), alors qu’on nousdisait de doubler nos exportations et qu’il fallait nourrir le monde. Uneautre incohérence gouvernementale », d’ajouter M. Breton. – voir le discours declôture. Il faut également se rappeler, tel que précisé d’ailleurs dans lerapport, qu’en 1975, on présentait le programme d’ASRA dans un contexte où ilétait impératif de soutenir la modernisation, la spécialisation etl’augmentation de la taille des fermes québécoises.

« On est en présence d’une proposition qui dit à l’entrepreneur :maintenant que tu as répondu aux attentes de 1975 et de 1998, pendant lesprochains six ans tu vas payer davantage durant la période de transition, etensuite, dès 2015 on va plafonner l’aide qu’on va t’accorder. Inadmissible! Onpénalise l’entrepreneuriat, alors qu’on dit vouloir l’encourager », dixit YvanLacroix, président-directeur général de l’AQINAC.

« C’est simple : si on veut mettre un système de primes inégal et unplafond, il faut laisser le libre choix quant aux mécanismes de vente. Legestionnaire doit avoir une latitude pour aller chercher son manque à gagnersur le marché. Sans ça, c’est l’anarchie! », de conclure M. Breton.

L’AQINAC, fondée en 1963, regroupe plus de 160 membres, tous des joueursclés de l’industrie agroalimentaire québécoise, principalement fabricantsd’alimentation animale et/ou négociants en céréales. Elle oeuvre, entreautres, à répondre aux exigences des consommateurs et de la société en matièrede sécurité alimentaire, d’environnement, de qualité, de conditions d’élevageet de retombées économiques, en plus de contribuer, par son dynamisme, audéveloppement de sa clientèle-producteur et de leurs productions, tout enfaisant la promotion de l’industrie agroalimentaire moderne.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC)
http://www.aqinac.com

Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ)
http://www.caaaq.gouv.qc.ca/

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