Recul de l’indice Scotia des prix des produits de base en septembre

Toronto (Ontario), 26 octobre 2006 – Après avoir atteint un nouveau sommet enaoût, mois au cours duquel le présent cycle d’affaires a probablement connuson plus haut niveau, l’Indice Scotia des prix des produits de base, quipermet d’analyser la tendance des prix de 32 des principales exportationscanadiennes, a perdu 3,5 % de sa valeur d’un mois sur l’autre en septembre.

L’indice agricole a lui aussi perdu du terrain en septembre, ce qui a plus qu’annulé le léger gain enregistré pour les produits forestiers. Par ailleurs, la sécheresse en Australie a précipité le prix du blé à la hausse en octobre, faisant du coup le bonheur des producteurs de l’Ouest du Canada. Parailleurs, l’indice global s’est maintenu à 3 % au-dessus de son niveau de l’andernier.

C’est l’indice du pétrole et du gaz qui a sonné la retraite avec uneperte de 11,1 % par rapport au mois d’août. Le prix du pétrole brut lourd etléger a dégringolé en septembre avec le relâchement de la ‘prime de risquegéopolitique’ du pétrole alors que l’ultimatum du 31 août imposé par leConseil de sécurité de l’ONU à l’Iran pour qu’il cesse ses activitésd’enrichissement d’uranium n’a pas été respecté et qu’aucune sanction n’a étéappliquée. Les températures clémentes aux Etats-Unis et l’abandon cette annéedu fuel résiduel au profit du gaz naturel, beaucoup moins cher, ont permis lareconstitution des stocks américains de pétrole brut et de produitspétroliers, ce qui a entraîné les prix à la baisse. En septembre, le prix dupétrole West Texas Intermediate (WTI) s’est fixé à 63,90 $US le baril, soitsous les 65,55 $ d’il y a un an, après le passage des ouragans Katrina etRita.

« Mis à part le relâchement de la ‘prime de risque géopolitique’, la chuterécente du prix du pétrole s’explique par la diminution de 0,8 % d’une annéesur l’autre de la demande en pétrole des pays de l’OCDE au cours des troispremiers trimestres de 2006, par des stocks mondiaux légèrement plus élevésque l’an dernier et par le ralentissement prévu de la croissance mondiale en2007 », a expliqué Patricia Mohr, vice-présidente et spécialiste du marché desproduits de base à Etudes économiques Scotia. « A l’opposé, la consommation depétrole par les pays ne faisant pas partie de l’OCDE est toujours à la hausse,particulièrement en Chine (augmentation de 6,6 % sur un an) et au Moyen-Orient(augmentation de 5,4 % sur un an). Les investisseurs et les producteurs actifsdans le domaine du pétrole devraient être encouragés par les propos tenus parle ministre de l’énergie d’Arabie Saoudite, lequel appuie fermement lestentatives de stabilisation des prix par l’OPEP », poursuit Mme Mohr.

L’Arabie Saoudite a déjà avisé les principales sociétés pétrolièresqu’elle réduirait ses livraisons de pétrole de 10 % en novembre. Il semble quel’OPEP soit prête à défendre un prix de 55 $US pour le pétrole brut de l’OPEP,ce qui se traduirait par un prix de 60 $US pour le WTI (un pétrole beaucoupplus léger et à teneur en soufre moins élevée). La stabilisation des prixautour des 60 $US est importante pour les sables bitumineux de l’Alberta,région où la production du pétrole est très coûteuse. Le WTI a dépassé hier labarre des 61 $US.

Le prix Nymex est passé de 6,99 $US par million de BTU en août à 5,22 $USen septembre. Vers la fin de ce dernier mois, il a même atteint un plancher de4,20 $US. Le prix s’est redressé à 7,75 $US le 25 octobre. Bien que les stocksde gaz aux Etats-Unis puissent défoncer les records précédents vers la finoctobre, le prix du gaz naturel était sous-évalué comparativement à celui dupétrole brut et bien inférieur à celui de l’équivalent en BTU du fuelrésiduel. Au 16 octobre, le prix du gaz naturel livré au Texas aux entreprisesde service public s’établissait à 4,82 $US par million de BTU comparativementà 6 $US par million de BTU pour le fuel résiduel (0,7 % de soufre). Unepoussée hâtive de froid dans le Midwest et le nord-est américains a encouragéla demande et porté le prix à la hausse.

Parmi les métaux de base, le nickel et le zinc, ce dernier ayant établiun nouveau record de 1,81 $US la livre le 25 octobre, semblent avoir pris ledessus sur le cuivre. Bien que la croissance du PIB chinois, qui est passée de11,3 % d’une année sur l’autre au deuxième trimestre de 2006 à 10,4 % autroisième trimestre, ait modestement ralenti – une politique monétaire quelquepeu plus contraignante aurait ralenti la croissance des immobilisations et del’activité industrielle – l’expansion de la Chine aide encore beaucoup laplupart des métaux de base.

« La Chine est de loin le plus grand consommateur mondial des quatreprincipaux métaux de base. Par exemple, elle engouffrera 29 % de laconsommation mondiale estimée du zinc pour 2006, ce qui est pratiquement troisfois plus que la part de 11 % des Etats-Unis », a déclaré Mme Mohr. « Les stocksde zinc de la London Metal Exchange (LME) ont chuté de 71 % depuis la fin de2005, traduisant l’importante différence entre la production mondiale raffinéede ce métal et sa consommation d’environ 540 000 tonnes, qui est beaucoup plusélevée. Les stocks actuels à la LME sont à leur plus bas depuis avril 1991 etne représentent que 3,7 jours de consommation mondiale, ce qui est bien prèsdu plancher record de 3 jours établi à la fin des années 90. »

Puisque les fonderies reçoivent de plus en plus de commandes, les stocks’visibles’ de zinc pourraient chuté à des niveaux dangereusement bas au coursdes six prochains mois, ce qui enverrait le prix sur une orbite encore plusélevée. La consommation de la Chine augmentera d’environ 14 % en 2006. Eneffet, la capacité d’expansion de ce pays est énorme et repose sur laproduction d’acier galvanisé, sur les dépenses en infrastructure – chemins defer, énergie et routes – ainsi que sur la vigueur des ventes au détail, enhausse de 13,9 % d’une année sur l’autre en septembre. Les producteurs d’acieraméricains commencent déjà à ralentir la production de leurs hauts fourneauxpour garder élevés le prix de l’acier alors que les importations sont à lahausse et que la production de véhicules à moteur ralentira. L’impact négatifde cette décision sur la production d’acier galvanisé ne se fera probablementpas sentir avant 2007.

Le prix au comptant de l’uranium a lui aussi grimpé : il est passé de48,50 $ la livre à la fin août à 54 $ à la fin septembre et se maintientactuellement à 56 $US. Il devrait atteindre plus de 60 $US vers la fin de2006. Le retard dans la mise en exploitation du projet Cigar Lake, dans lenord de la Saskatchewan, suite aux chutes de roches et à l’inondation de lamine le 22 octobre, portera très probablement le prix encore plus haut queprévu précédemment pour 2007, peut-être même jusqu’à la barre de 65 ou de70 $US plus tard en 2007. L’exploitation de la mine de Cigar Lake, la premièreaugmentation importante de l’offre mondiale depuis de nombreuses années,devait débuter en 2007 et les ventes prévues s’établissaient à 7 millions delivres en 2008 et à 18 millions de livres en 2010. Les premières ventes serontprobablement retardées de plus d’un an.

Etudes économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondiedes facteurs qui façonnent l’avenir du Canada et de l’économie mondiale,notamment l’évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change etdes capitaux, le rendement des produits de base et de l’industrie, ainsi queles enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Banque Scotia
http://www.scotiabank.ca./ScotiabankFr/index.html

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