Résistance aux herbicides

Petite herbe à poux dans un champ de soya

C’est inévitable : une mauvaise herbe combattue au Québec développera un jour une résistance au glyphosate. Mais quand?

« Probablement d’ici deux à quatre ans. » Voilà la prédiction du professeur de l’Université Laval, Gilles Leroux, livrée à l’occasion d’une table ronde sur la résistance aux herbicides organisée par Le Bulletin des agriculteurs en décembre dernier.

Le compte-rendu de cette table ronde réunissant six experts de l’industrie, dont quatre sont aussi producteurs agricoles, sera publié en entier dans votre Bulletin des agriculteurs du mois de février.

Au printemps 2010, les agriculteurs de l’Ontario apprenaient la confirmation d’un premier cas d’herbe à poux géante résistante au glyphosate. L’automne dernier, des chercheurs de l’Université de Guelph annonçaient que 16 autres champs du sud-ouest de l’Ontario étaient infestés d’Ambrosia trifida résistante au glyphosate.

Heureusement, le Québec est encore épargné. Nous avons certes connu des résistances aux herbicides de groupe 2, mais cette fois-ci, il s’agit du glyphosate, l’herbicide le plus largement utilisé, à des coûts largement inférieurs à toute alternative.

Selon Gilles Leroux, la première résistance observée au Québec se trouvera probablement en Montérégie, là où il se cultive principalement du soya et du maïs. Le risque est moins élevé dans les régions aux cultures plus diversifiées.

L’herbe à poux géante est peu commune au Québec. Gilles Leroux prédit plutôt que la première mauvaise herbe à développer une résistance au glyphosate chez nous sera la petite herbe à poux. « Dans le Delaware et le Maryland, elle est déjà résistante au glyphosate », dit-il.

La suivante, toujours selon Gilles Leroux, sera probablement la vergerette du Canada. Puisqu’elle se disperse avec le vent, il se peut même qu’on retrouve déjà au Canada des individus résistants en provenance des États-Unis.

Chez nos voisins du Sud, le premier cas de résistance fut un ray-grass de la Californie, en 1998, puis il y a eu la vergerette du Canada sur la côte Est. Aujourd’hui, on compte 11 mauvaises herbes résistantes au glyphosate.

Selon un sondage réalisé auprès de 200 détaillants d’herbicide du Sud producteur de coton jusque dans le Mid-West, la perte de rendement dans un champ la première année de la découverte de mauvaises herbes résistantes serait d’en moyenne 5,5 %, avec des coûts supplémentaires de 17 $ par acre pour tenter de combattre ces mauvaises herbes.

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