Retour en Asie de la grippe du poulet, après six ans d’absence

Paris (France), 14 janvier 2004 – La grippe aviaire, qui frappe le Japon, la Corée du sud et le Vietnam et a déjà tué au moins trois fois, est provoquée par un des nombreux virus de la grippe, celui qui porte le nom de code H5N1, le même qui avait déjà affecté l’Asie en 1997.

Restée confinée au continent asiatique, cette épidémie avait alors inquiété le monde entier. Surtout, elle avait provoqué la mort de six personnes et celle de millions de poulets malades, entrainant un abattage massif de volailles.

Historique, l’apparition de cette maladie – aussi connue sous l’appellation impropre de « grippe du poulet » puisqu’elle touche également poules, dindons et canards – l’a été par son ampleur et parce que, pour la première fois, il a été montré clairement que le virus était passé directement des oiseaux aux humains, sans se soucier du dogme de la sacro-sainte « barrière des espèces ».

Selon les épidémiologistes, les poulets auraient été contaminés par des oiseaux sauvages. Mais d’autres experts mettent en cause le mode d’élevage des animaux domestiques, notamment en Chine où il est courant que trois espèces – oiseaux, porcs, poissons – soient empilées les unes sur les autres.

Ce dispositif rend les animaux plus faciles à nourrir mais, par le biais des excréments qui dégringolent d’étage en étage, facilite aussi les contaminations.

La transmission à l’homme se fait par inhalation de poussières contaminées par des déjections de volailles infectées.

Chez l’homme, cette grippe provoque des atteintes respiratoires et – comme les poussières peuvent atterrir sur la cornée – des conjonctivites.

Par chance, compte-tenu de la contagiosité du virus grippal – infiniment plus importante que celle du coronavirus, vecteur du Sras – aucun cas de transmission directe entre humains n’a encore été rapporté dans l’épidémie en cours.

Mais les experts n’excluent pas cette éventualité. La rencontre, chez un humain, des virus des grippes aviaire et humaine pourrait provoquer une collision au cours de laquelle des fragments des deux génomes seraient amenés à se mélanger.

Cette « humanisation virale » ou « réassortiment génétique viral », comme disent les spécialistes, permettrait au nouveau virus « de diffuser sur un mode pandémique ». En clair, de provoquer une épidémie à l’échelle planétaire, expliquent les experts français dans une note sur la conduite à tenir « face à une grippe aviaire à risque de transmission humaine ».

Le spectre d’une épidémie de grippe provoquée par l’émergence d’une nouvelle souche continue de hanter la communauté médicale et les responsables de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui ont toujours en mémoire les ravages provoqués en 1918 et 1919 par la « grippe espagnole ». Elle avait fait plus de morts que les 1.562 jours de combats de la Première guerre mondiale.

Pour contrer cette menace, les mesures de protection sont plutôt défensives: faute de vaccin protégeant contre le H5N1, les autorités sanitaires recommandent un traitement antiviral préventif des populations « à risques » – personnels et voisins des exploitations avicoles, équarisseurs, vétérinaires… – puis une vaccination avec le vaccin anti-grippal de l’année en cours et le strict respect de mesures d’hygiène courantes.

Sans vouloir parler d’isolement, ils recommandent aussi aux malades de limiter leurs déplacements et leurs contacts, notamment avec les malades chroniques ou affaiblis.

Quelque 1,8 million de volailles ont été tuées depuis l’apparition de la maladie le 15 décembre en Corée du Sud.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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