Sécheresse : 500 millions d’euros pour les agriculteurs

Paris (France), 23 août 2003 – Le gouvernement a annoncé un plan d’aide aux agriculteurs victimes de la sécheresse, d’environ 500 millions d’euros, dont une enveloppe de 180 M EUR pour le Fonds de calamités agricoles et des aides fiscales, mais n’a répondu que partiellement aux attentes des organisations agricoles.

Ce plan, très attendu par les agriculteurs, a été annoncé par le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard et un communiqué de Matignon, à l’issue d’une réunion de deux heures et demie à Matignon avec les grandes organisations agricoles.

Principale mesure, l’attribution d’une enveloppe budgétaire de 180 millions d’euros au Fonds national de calamités agricoles, ce qui portera sa trésorerie à 300 M EUR. 55 départements ont demandé à bénéficier des indemnisations du Fonds, seul recours pour les exploitants victimes de cette catastrophe climatique exceptionnelle qui dure depuis juin.

Le Fonds ne sera abondé que dans quelques mois – une loi de finances rectificative est nécessaire – mais il versera dès fin septembre les premiers acomptes aux exploitations reconnues sinistrées, car un « décret d’avance » de 100 M EUR sera pris dans les prochains jours.

Autre geste, une aide supplémentaire de 24 M EUR pour le transport du fourrage portant à 50 M EUR l’enveloppe totale, avec la mise à contribution de l’armée si nécessaire.

Le plan comprend également des aides fiscales et sociales, notamment pour les jeunes agriculteurs : prêts à taux très réduits (1,5% pour les jeunes, 2,5% pour les autres) et enveloppe de 20 M EUR pour les cas critiques au titre du « fonds d’allègement des charges ».

Les jeunes agriculteurs surendettés pourront même bénéficier d’un « différé total de paiement pendant un an à taux zéro, en intérêt et capital, l’Etat prenant en charge le coût financier correspondant » – soit pour ceux-là l’« année blanche » réclamée par leurs syndicats agricoles.

Côté fiscal, le gouvernement a accordé une exonération de la taxe sur le foncier non bâti, prise en charge par l’Etat, et des différés du paiement des impôts 2003, voire des remises gracieuses pour les cas critiques.

Ces aides, qui complètent une série d’autres mesures annoncées depuis le début de l’été, n’ont que partiellement satisfait les organisations agricoles.

Il est vrai que les dommages de la sécheresse ne sont pas évalués au même niveau par le gouvernement et par les syndicats agricoles : « plus d’un milliard d’euros », selon Hervé Gaymard, contre « 4 milliards d’euros » pour la FNSEA, dont 1,5 milliard pour les éleveurs bovins et 1,2 milliard pour les céréaliers.

Pour le président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer, ces mesures « vont dans le bon sens même si nous n’avons pas obtenu +l’année blanche+ que nous réclamions » pour l’ensemble des agriculteurs.

« Il est évident qu’on ne peut pas considérer comme solde de tout compte les décisions prises aujourd’hui par le Premier ministre », a-t-il ajouté. « Nous ne voudrions pas que les agriculteurs jettent l’éponge et quittent le métier car le gouvernement n’aurait pas su prendre les mesures suffisantes », a-t-il dit.

Le président des Jeunes Agriculteurs Jérôme Despey a jugé lui aussi que le gouvernement a « répondu en partie aux revendications » de son organisation, mais a dit « rester sur (sa) faim » sur certains points.

« Globalement, nous avons un certain nombre de réponses pour les jeunes agriculteurs en difficulté, notamment pour +l’année blanche+. Nous demandions des prêts bonifiés à taux zéro (…) nous avons eu 1,5% », a noté M. Despey. Mais « 15.000 jeunes agriculteurs aujourd’hui ont plus de 50% de pertes (…) et ne peuvent pas recourir à l’emprunt », a-t-il fait valoir.

La Confédération paysanne, qui n’était pas conviée à Matignon, a jugé pour sa part « décevant » ce plan, qui « ne prend pas en compte les répercussions sociales pour les petits paysans ».

Source : AFP

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