Soya semé tardivement

Êtes-vous de ceux que les précipitations du printemps ont obligés à reporter de façon importante les semis de soya? Voici quelques considérations pour le soya semé autour du 15 juin ou plus tard, gracieuseté de Dekalb.

Maturité de la variété
La culture peut subir une baisse de rendement quand des variétés de pleine saison sont semées tardivement. Les plants risquent de produire moins de gousses, puisque la floraison est écourtée et parce qu’un gel peut endommager les plants avant leur maturité.

Selon des travaux réalisés à Michigan State University, les pertes de rendement consécutives au retard du semis augmentent de 26,9 kg/ha (0,4 boisseau/acre) par jour à partir du 1er juin. De plus, pour chaque trois jours de retard dans le semis, l’arrivée à maturité du soya peut être retardée d’une journée.

Décider du moment propice pour remplacer les variétés prévues par des produits de plus courte saison peut permettre d’atténuer certains de ces désavantages physiologiques et peut contribuer à maximiser le potentiel de rendement des cultures de soya semées plus tardivement. Le soya est capable d’adapter son développement à un semis tardif.

Les chercheurs de Michigan State University rapportent que, même semées en juin, les variétés de pleine saison bien adaptées peuvent donner un meilleur rendement que les variétés plus hâtives, car elles produisent un couvert végétal plus dense avant de commencer à fleurir.

La crainte des dommages dus au gel avec une variété de pleine saison peut pousser certains producteurs à la remplacer trop tôt par une variété plus hâtive qui risque alors de ne produire que des plants courts au faible potentiel de rendement.

Dans ce contexte, le ministère de l’Agriculture de l’Ontario (MAAARO) recommande d’opter pour des variétés de plus courte saison après le 15 juin. Dans le cas où vous décidez de remplacer les variétés initialement prévues, choisissez une variété dont la maturité est de 100 à 150 UTC de moins par semaine de retard.

Désherbage et espacement entre les rangs

Le désherbage est une priorité dans le cas d’un semis tardif de soya en raison du risque que le couvert végétal ne puisse suffisamment couvrir les rangs pour freiner le développement des mauvaises herbes, préviennent les agronomes de Dekalb.

Il est indispensable d’appliquer un traitement non sélectif efficace en prélevée, afin de semer dans un champ propre, puis de faire appel à un programme de postlevée au moment opportun, de façon à tenir en échec les mauvaises herbes en croissance rapide qui concurrenceront la culture, risquant d’en retarder encore davantage le développement et de nuire à son potentiel de rendement. Toujours suivre les directives d’application des pesticides figurant sur les étiquettes des produits.

Semer en rangs étroits est une autre bonne technique agronomique susceptible d’accélérer la fermeture des rangs, d’augmenter l’interception de la lumière et de favoriser l’accumulation de biomasse.

Taux de semis
Les taux de semis devraient être accrus de 10 % à 15 %, afin de compenser pour les plants qui risquent de ne pouvoir exprimer leur potentiel de rendement optimal.

Réensemencement en soya
Quand on décide d’ensemencer en soya un champ qui devait au départ l’être en maïs, il est important de connaître les restrictions de la nouvelle culture par rapport aux herbicides déjà appliqués. Les restrictions figurant sur les étiquettes doivent être respectées, afin d’éviter tout dommage à la nouvelle culture.

Lutte contre le puceron du soya
Le soya semé tard peut être plus vulnérable aux dommages causés par les pucerons que le soya semé plus tôt. Il est recommandé de visiter fréquemment les champs de soya moins avancés pour détecter toute présence de pucerons du soya.

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