Syngenta contraint à supprimer 33% de ses emplois en France

France, 24 juin 2002 – Bouclée en novembre 2000, la naissance de Syngenta, le numéro un mondial de l’agrochimie, avec un chiffre d’affaires de 6,3 milliards de dollars, s’est faite au prix de désinvestissements extrêmement lourds imposés par les autorités européennes de la concurrence pour éviter les positions dominantes. Ainsi, la fusion des activités agrochimiques d’Astra Zeneca et de Novartis s’est traduite par la suppression de 232 postes sur 696 en France, soit 33% des emplois. «L’impact a été particulièrement lourd en France parce que les désinvestissements ont été très importants dans l’hexagone», a expliqué Jeremy Macklin, PDG de Syngenta Agro SAS France. Le groupe a néanmoins maintenu sa part de marché phytosanitaires à 30%. La restructuration n’est pas terminée et ne prendra fin qu’en juin 3003. L’inauguration du nouveau siège à Saint-Cyr l’Ecole (Yvelines) aura néanmoins lieu tout début juillet, sans impact financier particulier sur les investissements du groupe, qui loue les nouveaux locaux.

Fortes pressions économiques

Syngenta va devoir faire face à un contexte difficile, où vont se conjuguer plusieurs événements lourds de conséquences. La procédure de réhomologation des molécules sur le marché agrochimique, menée par Bruxelles pour éliminer les produits obsolètes ou trop agressifs, va se traduire par la disparition de 30 matières actives. Impact en France : 600 millions de francs (91 millions d’euros environ). Syngenta y attribue une bonne partie de la baisse de son chiffre d’affaires en 2001 à 533 millions d’euros pour la protection des cultures soit une baisse de 15%. Et s’attend à une nouvelle baisse en 2002. A cela s’ajoutent les discussions en cours depuis des mois avec le ministère de l’Agriculture sur la vraisemblable interdiction des triazines. L’émergence du nouveau géant agrochimique Bayer avec le rachat de CropScience va accroître la concurrence, tandis que la réforme de la Politique agricole commune avec le virage politique souhaité par Bruxelles vers le développement rural au détriment de la production pèsera encore sur le marché.

Jeremy Macklin compte sur l’essor de nouveaux produits (l’herbicide mesotrione et le mefenoxam) et le lancement d’autres (le pycoxystrobine pour la protection fongique des céréales et le thiametoxam pour la protection des semences) pour assurer la croissance. «L’élément fondamental est pour nous d’aider les agriculteurs à récupérer la valeur ajoutée qu’ils ont perdue depuis 1995 et qui est pour l’essentiel passée dans la sécurité alimentaire», a encore précisé Jeremy Macklin. A l’inverse de la protection des cultures, les activités semences du groupe ont progressé avec un chiffre d’affaires de 179 millions d’euros en hausse de 6 à 8%, selon André Goig, directeur de Syngenta Seeds.
Le chiffre d’affaire lié aux Organismes génétiquement modifiés en France est nul.

Source : Les Échos

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Syngenta

http://www.syngenta.com/

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