Étude : La maladie de la vache folle et le commerce du boeuf au Canada

Ottawa (Ontario), 7 novembre 2003 – Avant mai 2003, le Canada était le troisième exportateur de boeuf au monde. En 2002, ce marché d’exportation valait environ 4,1 milliards de dollars.

Le 20 mai 2003, l’industrie du boeuf au Canada a été ébranlée par un événement tout à fait inattendu : l’annonce qu’une seule vache reproductrice du nord de l’Alberta avait contracté l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), mieux connue sous le nom de maladie de la vache folle. En quelques heures seulement, la plupart des pays avaient émis une interdiction concernant les produits canadiens du boeuf.

L’article analytique intitulé «La maladie de la vache folle et le commerce du boeuf», diffusé aujourd’hui, dresse un portrait des importations et des exportations canadiennes de boeuf dans les débuts de l’interdiction mondiale touchant les produits canadiens du boeuf, en mettant particulièrement l’accent sur le marché américain.

Cet article est le premier d’une série d’articles qui paraîtront dans la nouvelle publication électronique gratuite de Statistique Canada intitulée Analyse en bref. Cette série d’articles jettera la lumière sur les enjeux économiques actuels. Elle est rédigée dans un style que les journalistes, les étudiants et le public en général pourront facilement comprendre.

Les exportations canadiennes de boeuf sont tombées à zéro à la suite de l’interdiction
En 2001, le Canada détenait environ 15 % du marché mondial d’exportation de produits du boeuf. Les États-Unis, dont la part du marché s’élevait à 16 %, occupaient le deuxième rang et l’Australie, qui détenait 23 % de ce marché, se trouvait au premier rang.

En 2002, le marché d’exportation du Canada valait environ 4,1 milliards de dollars. Toutefois, à la suite de l’interdiction de plusieurs pays touchant les produits canadiens du boeuf ce printemps, la valeur des exportations canadiennes de boeuf est pratiquement tombée à zéro en juin, en juillet et en août.

Les marchés d’exportation représentent généralement une source de revenus importante pour les éleveurs de bovins du Canada. Avant l’interdiction, au Canada, près de la moitié des bovins vendus étaient exportés vivants ou sous forme de viande de boucherie.

Le Canada exporte la grande majorité (90 %) de ses produits du boeuf vers les États-Unis, le plus grand importateur de boeuf au monde. En 2002, environ 55 % (soit une valeur de 3,7 milliards de dollars) des importations américaines de bovins vivants ou de viande de boucherie provenaient du Canada. Les importateurs américains ne se sont pas tournés vers d’autres pays pour compenser le manque créé par l’interdiction de produits canadiens du boeuf. En fait, au total, les importations américaines de boeuf étaient légèrement plus faibles en août qu’en juin.

Avant de dégringoler en juillet et en août, les importations canadiennes de boeuf, dont la majorité provient des États-Unis, avaient dépassé en juin les niveaux atteints par le passé. Ces importations n’étaient pas sans importance. En effet, elles totalisaient environ 900 millions de dollars en 2002 et représentaient une proportion considérable de l’approvisionnement en viande au Canada, soit près de 30 % au cours des trois dernières années.

Avant l’interdiction mondiale, le Canada exportait beaucoup plus de produits du boeuf qu’il n’en importait. Ainsi, en 2002, l’excédent commercial de l’industrie du boeuf s’est chiffré à environ 3,2 milliards de dollars.

L’industrie du boeuf représente à peu près la moitié des recettes monétaires agricoles
En 2002, la valeur sur le marché agricole des animaux vendus pour l’abattage et exportés sous forme de viande de boucherie a atteint 1,8 milliard de dollars. Les exportations correspondantes, d’une valeur d’environ 2,2 milliards de dollars, comprennent tous les autres frais encourus, tels que la transformation et le transport.

En outre, la valeur sur le marché agricole des animaux vivants exportés a également atteint 1,8 milliard de dollars.

Combinées, ces ventes totalisaient 3,6 milliards de dollars de recettes monétaires agricoles et représentaient 48 % de l’ensemble des recettes monétaires agricoles (7,5 milliards de dollars) générées par l’élevage du boeuf en 2002.

De toutes les provinces canadiennes, l’Alberta a été la plus touchée. La moyenne des exportations de boeuf de cette province de janvier à avril se chiffrait à environ 160 millions de dollars par mois.

L’Alberta était suivie de l’Ontario (où la moyenne des exportations se situait à 62 millions de dollars par mois), de la Saskatchewan (23 millions de dollars) et du Québec (11 millions de dollars).

Les prix de détail aux États-Unis ont atteint des niveaux sans précédent aux États-Unis
Contrairement au Canada, l’approvisionnement en boeuf aux États-Unis était restreint, ce qui a entraîné une hausse sans précédent des prix de détail.

Aux États-Unis, les prix de détail du boeuf se situaient à des niveaux records en février, avant la confirmation d’un cas d’ESB au Canada. Les prix ont continué à grimper en août, atteignant 3,74 $US la livre. Il s’agit du prix de détail le plus élevé depuis juin 2001, où les prix avaient atteint 3,48 $US la livre.

Le Canada est le premier pays au monde à réintégrer ses produits du boeuf sur le marché américain à la suite de la découverte d’un cas d’ESB. À l’instar du Mexique, les États-Unis ont procédé à la réouverture de leur frontière pour les morceaux de choix de boeuf du Canada.

Depuis la mi-septembre, le Canada a pu exporter du boeuf désossé d’animaux de moins de 30 mois vers les États-Unis, et ce, en vertu d’un processus d’émission de permis. Le 16 octobre, le ministre de l’Agriculture a déclaré que les entreprises canadiennes avaient expédié 28 000 tonnes de boeuf et de produits du boeuf frais, réfrigérés ou congelés aux États-Unis entre la mi-septembre et le 15 octobre, ce qui représente environ la moitié des exportations habituellement enregistrées en septembre.

La publication Analyse en bref : La maladie de la vache folle et le commerce du boeuf (11-621-MIF2003005, gratuit) est maintenant offerte en ligne : http://www.statcan.ca/francais/research/11-621-MIF/11-621-MIF2003005.htm

Note aux lecteurs
Les données de cette analyse sont principalement des données sur le commerce d’exportation et d’importation au Canada et aux Etats-Unis. Elles proviennent de la Division du commerce international de Statistique Canada et de la Foreign Trade Division du U.S. Census Bureau.

Les données sur les recettes monétaires agricoles proviennent de la Division de l’agriculture de Statistique Canada. Sauf indication contraire, tous les montants sont exprimés en dollars canadiens.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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