Un timide début de saison

Les producteurs sont plutôt rares parmi ceux qui ont commencé à bouillir l'eau d'érable

Tous les signes du printemps sont là et comme de soi, le temps des sucres a débuté dans la province. Toutefois, ce début de coulée des érables est restreint à quelques endroits plus au sud et seulement chez quelques producteurs.

« Il ne se passe pas grand’chose », confirme Hélène Normandin, Directrice, communications corporatives à la Fédération des producteurs et productrices acéricoles du Québec (FPAQ). Les représentants qui se réunissaient plus tôt cette semaine à Longueuil en ont profité pour échanger sur leurs progrès respectifs. Si chez le président Serge Beaulieu, qui réside à Ormstown les érables ont coulé, c’est le calme plat ailleurs. « L’avantage, c’est que ça a donné plus de temps à plusieurs producteurs pour se préparer au lieu de tout devoir faire à la course. Mais un début de saison des sucres à ce temps-ci n’est pas anormal », ajoute Mme Normandin

Même son de cloche à la coopérative Citadelle, située à Plessisville. « C’est très embryonnaire », déclare Jean-Marie Chouinard, Directeur affaires institutionnelles & secrétaire corporatif à la coopérative. « C’est très embêtant de dire quand commencera la saison. Tout dépend de la température. Il faut avoir un écart de température qui se situe entre -4  degrés Celsius la nuit et +5 degrés le jour ».

Ce début de saison n’est pas tardif mais le froid est persistant. « C’est un printemps froid cette année », confirme M.Chouinard.

« Ce qu’il y a de différent cette année c’est qu’il n’y a pas eu de redoux. Habituellement, les érables coulent un peu en février mais à chaque fois que les températures ont remontées cette année, il a fait très froid très rapidement par la suite », ajoute la représentante de la FPAQ.

Il est naturellement trop tôt pour savoir de quoi aura l’air la saison 2019. Comme le dit Mme Normandin, « la situation pourrait changer du tout au tout rapidement » si le mercure se met à monter subitement. L’importante couverture de neige dans plusieurs régions pourrait toutefois garantir au moins quelques semaines de coulée en ralentissant le réchauffement du sol, si jamais la chaleur s’installe de manière subite.

Les trois dernières années ont été très bonnes du point de vue de la production. Les années 2016 et 2017 ont été « extraordinaires », selon Mme Normandin alors que 2018 a été la 3e plus importante pour Citadelle. Il est quasi assuré de voir les érablières en fonction pendant un bon moment en avril et la saison pourrait même s’étirer jusqu’en mai dans les régions les plus à l’est, à l’image de l’année dernière.

En attendant, il reste amplement de sirop dans les réserves pour se sucrer le bec et combler les adeptes impatients de goûter à la cuvée 2019.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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