Une importante récolte de vin 2004 dans un marché fragile

Paris (France), 20 septembre 2004 – La production viticole s’annonce importante cette année en France mais le ministère de l’Agriculture a dressé un bilan mitigé des exportations de vins en 2003.

Seules les exportations de champagne et de vins de pays ont pu tirer leur épingle du jeu l’an dernier face à la concurrence des vins extra-européens.

« L’année 2003 est marquée par une baisse sensible des exportations de vins d’appellation tranquilles », constate le ministère dans une note conjoncturelle publiée lundi.

Il fait état d’exportations « en panne » et de marchés « fragiles », évaluant le recul à 6% vers les pays tiers en 2003.

Au 1er septembre 2004, le ministère de l’Agriculture estimait le potentiel de la récolte française de vins à 57,4 millions d’hectolitres pour 2004, en hausse de 21% par rapport à récolte de 2003.

Les premières vendanges pour le champagne ont commencé lundi dans la Marne.

« Longtemps moteur des ventes de vins, les exportations ne progressent plus », ajoute le ministère qui confirme que « les vins français souffrent de la concurrence des nouveaux pays producteurs tels l’Australie, l’Afrique du Sud, le Chili ou les Etats-Unis ».

Cette concurrence est « particulièrement vive » au Royaume-Uni, qui représente près de la moitié des achats européens auprès de ces nouveaux fournisseurs, loin devant l’Allemagne et les Pays-Bas.

Sur les dix dernières années, les ventes de vins de pays extra-européens, notamment ceux d’Australie, n’ont cessé de progresser, augmentant en moyenne de 5% par an depuis 1990,

A l’inverse, de 1999 à 2003, les ventes de vins français d’appellation et leurs cours ont stagné sur le marché mondial.

Le ralentissement de la demande, conjugué à une augmentation de l’offre, a fini par créer un déséquilibre sur le marché français des AOC, d’où les excédents engrangés dans certains vignobles comme le Beaujolais et plus récemment le Bordelais.

Pour le ministère, la course aux AOC a placé les appellations dans une situation « difficile » face aux vins du Nouveau Monde mais aussi aux vins de pays qui sont désormais d’« un bon rapport qualité-prix ».

Le recul des ventes est également palpable sur les débouchés européens, atteignant en 2003 une baisse de 10% dont -15% vers l’Allemagne, second client à l’exportation de la France.

Cette baisse est imputable à un recul de la consommation dans les pays du Nord, à la canicule de l’été 2003 et au transfert des achats d’AOC vers les vins des pays.

Si l’essentiel des débouchés des 100 000 viticulteurs français se concentre sur le marché domestique, la demande souffre là aussi d’une baisse de la consommation et d’un désintérêt pour les vins courants.

Entre 1975 et 1990, la consommation intérieure de vin a baissé de 24% en France, soit 1,5% en moyenne annuelle.

Elle est ainsi passée de 104 litres par habitant et par année en 1975 à 73 litres en 1990. Aujourd’hui, elle est proche de 57 litres par habitant et par an.

« Les consommateurs réguliers se font plus rares », note le ministère qui relève toutefois une augmentation des consommateurs occasionnels.

Source : Reuters

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