Vin en France : Bussereau annonce un plan, les professionnels le jugent insuffisant

Paris (France), 31 janvier 2005 – Le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau a annoncé un plan pour la viticulture française en crise d’un montant d’environ 70 millions d’euros pour 2005, dont 20 millions d’aides directes de l’Etat, qui a été immédiatement jugé insuffisant par la majorité des professionnels.

« Nous avons adopté une série de mesures de confiance pour créer un climat positif autour de la viticulture française », a déclaré M. Bussereau lors d’une conférence de presse après une réunion avec les principaux responsables de la filière vini-viticole.

La grande majorité des sommes annoncées sont des prêts à taux bonifiés qui permettront aux viticulteurs en difficulté de diminuer leurs remboursements aux établissements bancaires.

Le plan comprend notamment « une enveloppe exceptionnelle de 40 millions d’euros de prêts, à taux préférentiels, qui doit permettre aux vignerons en difficulté d’étaler sur cinq ans leurs échéances bancaires », ainsi que « 15 millions d’euros de prêts de consolidation pour les caves coopératives », selon le ministère.

Parmi les dispositions « qui préparent l’avenir », la seule décision concrète est une somme de 3,5 millions d’euros « pour stimuler les ventes de vins français à l’étranger ».

Le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) Jean-Michel Lemétayer a affirmé que « les moyens de ce plan ne sont pas à la hauteur des ambitions », alors que le secteur viticole français souffre de surproduction, de la baisse de la consommation d’alcool en France et de la concurrence des vins du « Nouveau Monde » (Etats-Unis, Chili, Australie, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande).

Encore plus sévère, le président de la Confédération française des vins de pays Jean Huilliet a déclaré: « Je suis désabusé. Vingt millions d’euros, cela ne changera rien à la viticulture française. On a encore fait une liste à la Prévert, rien d’autre ».

M. Bussereau s’est aussi engagé à solliciter auprès de la Commission européenne « l’ouverture d’une distillation avec un prix majoré », compte tenu du poids des appellations d’origine contrôlée dans les excédents. Ils sont estimés à 2 millions d’hectolitres pour les AOC sur un total de 2,5 millions, dont le Bordelais représenterait plus de la moitié.

Pour réduire à l’avenir la production, les « demandes d’ouverture du régime d’arrachage définitifs » de vignobles seront « satisfaites », mais uniquement pour les bassins de production qui présenteront une demande collective unanime en ce sens », indique le ministère.

C’est le Bordelais – dont la demande pour l’arrachage concerne 10.000 hectares sur 5 ans sur un total de 123.000 – qui sera la première région viticole à être reçue par M. Bussereau le 17 février.

Le ministre s’est également dit prêt « à soutenir l’utilisation de moûts concentrés pour l’enrichissement des vins AOC en remplacement du sucre de betterave (pour la chaptalisation qui permet d’élever le degré d’alcool) pour les bassins de production qui en feront la demande, à condition que les moûts soient produits localement ».

Enfin, concernant notamment la possibilité pour les régions d’AOC – notamment le Bordelais et la Bourgogne – de pouvoir aussi produire des vins de pays, accordée en juillet dernier, M. Bussereau a demandé aux professionnels « d’établir et présenter dans les prochaines semaines les modalité de mise en oeuvre, dans chaque bassin de production, de l’organisation de l’offre viticole ».

Source : AFP

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