Vin : la récolte mondiale abondante complique les problèmes français

Paris (France), 21 janvier 2005 – Une production mondiale de vin si abondante en 2004 qu’elle approche du record de 1992, et une consommation qui ne progresse que faiblement, accroissent les difficultés des producteurs français, qui comptent sur l’annonce d’un plan gouvernemental de soutien, le 31 janvier.

En 2004, la production mondiale de vins devrait atteindre environ 287 millions d’hectolitres, soit 9,5% de plus qu’en 2003, s’approchant du record de 296 M hl établi en 1992, selon des chiffres de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) cités jeudi par le nouveau directeur de l’Office national interprofessionnel des vins, Philippe de Guenin.

Dans le même temps, la consommation mondiale n’a progressé que lentement : de 226,6 millions d’hectolitres en 1996, on l’estime à 230 millions pour 2004.

L’écart entre la production et la consommation devrait donc dépasser les 57 M hl, un chiffre encore jamais atteint.

Le conseil de direction de l’Onivins a donc étudié les mesures qu’il compte demander, le 24 janvier, au gouvernement, au moment où les vins français, toujours au premier rang mondial, perdent des parts de marchés.

Les exportations (champagne et vins effervescents compris) étaient en baisse aussi bien en volume (-7%) qu’en valeur (-6%), fin novembre 2004 par rapport à la période correspondante de 2003.

Pour la première fois depuis 10 ans, la production française, proche de 59 M hl, a un « sur-stock » estimé pour la vendange 2004 à plus de 2 millions d’hectolitres, dont le Bordelais représente plus de la moitié.

Même s’ils sont moins affectés que le Bordelais, la Bourgogne, les Côtes-du-Rhône, le Languedoc-Rousillon, le Val de Loire et les vins de Nantes, dont le Muscadet, sont également affaiblis par l’importance de ces stocks.

Seules quatre régions font exception à cette règle: l’Alsace, la Champagne, la Savoie et le Jura, signale l’Office national.

Parmi les solutions envisagées pour résorber cet excédent figurent l’arrachage, la distillation, l’utilisation de moûts concentrés pour la chaptalisation et la « mise en réserve » d’une partie de la récolte, comme le pratique depuis longtemps la Champagne.

Ainsi, dans le Bordelais, l’arrachage concernerait 10 000 hectares sur un total de 123.000 pendant 5 ans. Il serait compensé par le repiquage de nouveaux plants une mesure de ‘Reconversion progressive diversifiée’, adoptée mercredi.

Particulièrement touché, le Bordelais aura recours en 2004 à la « mise en réserve » d’une partie de la récolte, pour la première fois de son histoire.

« Les stocks régulateurs – permettant d’utiliser une partie de la récolte d’une année lors d’une année déficitaire – sont une approche moderne de la gestion », s’est félicité jeudi Alain Vironneau, président du syndicat viticole des Appelations d’Origine Contrôlées (AOC) Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Pour aider ce secteur à surmonter cette période difficile, M. Vironneau a demandé au gouvernement de consacrer une faible part de l’excédent que la France tire du commerce extérieur agroalimentaire, soit 7,5 milliards d’euros pour les 11 premiers mois de 2004.

La semaine passée, le ministère de l’Agriculture avait fait savoir que le plan d’aide serait annoncé le 31 janvier.

« Le Conseil de Modération sera créé durant ce mois de janvier et des mesures significatives de soutien de cette filière (de la viticulture, nldr) seront annoncées », avait déclaré le ministre, Dominique Bussereau, lors de ses voeux à la presse.

Source : AFP

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