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Vos questions sur la production porcine américaine

Dennis Smith Photos: Marie-Josée Parent

Dennis Smith
Photos: Marie-Josée Parent

Les experts des marchés des viandes Steve Meyers et Dennis Smith répondent aux questions de producteurs de porc et de boeuf réunis lors d’un déjeuner à Saint-Narcisse-de-Beaurivage. L’économiste Steve Meyer, président de Paragon Economics, écrit la lettre quotidienne Daily Livestock Report pour le CME Group. Il analyse depuis 25 ans le marché des viandes. Depuis 20 ans, Dennis Smith est commerçant en porcs, en bœuf et en grains, principalement le maïs. Il travaille pour Archer Financiel Services à Chicago. Tous deux étaient les invités pour la troisième journée de conférences préparée par l’équipe de l’entreprise Bernard Breton, le 9 avril dernier. Dans ce deuxième article, les questions portent surtout sur la production porcine américaine.

Croyez-vous que les États-Unis ont pris le contrôle de la DEP?

S.M. Non. La seule raison pourquoi ça diminue, c’est que la température augmente. C’est juste que le virus survit très bien à des températures fraîches et qu’il survit moins bien à des températures plus chaudes. C’est la seule raison pourquoi ça diminue. Il n’y a pas eu de vaccin efficace. Cinquante pour cent des troupeaux reproducteurs ont été affectés. Ça ne peut donc pas augmenter aussi vite qu’avant.

Est-ce qu’ils vont augmenter le cheptel reproducteur pour compenser les pertes?

Steve Meyer

Steve Meyer

S.M. Nous avons augmenté le cheptel reproducteur, mais pas assez pour compenser les pertes subies. Actuellement, les autorités gèrent ça comme une situation passagère. Personne ne construit de porcherie pour compenser les pertes liées à la DEP. Nous espérons une solution.

Les producteurs américains ont compensé en augmentant le poids de carcasse. Est-ce que le poids de carcasse va diminuer?

S.M. Le poids a augmenté parce que le prix des grains était bas. C’est toujours le cas. Nous allons donc continuer d’avoir des porcs de 3 à 4% plus pesants qu’il y a un an.

La vente de Smithfield à la compagnie chinoise Shuanghui, est-ce que ça a changé la production et la vision?

S.M. Ça n’a pas eu encore d’impact majeur. Nous pensons que ça va stimuler l’exportation vers la Chine. Ce sera difficile de le voir cette année parce qu’il n’y a pas assez de porcs.

Au Québec, la main d’œuvre est rare. Est-ce la même chose aux États-Unis?

S.M. Ça dépend de l’état. Par exemple, au Dakota ils manquent de travailleurs à cause du pétrole. Les ouvriers des abattoirs sont des immigrés pour la plupart. La réforme sur l’immigration aura certainement un impact sur le secteur agricole.

Est-ce que les producteurs ont vraiment commencé les transformations pour le bien-être animal en maternité?

D.S. Les producteurs sont très sérieux dans ces changements et sont en train de les implanter.

Est-ce obligatoire?

S.M. Non. Il n’y a rien d’obligatoire, sauf dans certains états : la Californie, la Floride, le Michigan et bientôt l’Ohio. Mais c’est sur du long terme. Smithfield a déjà plus de 50% de ses fermes de converties. La majorité des producteurs attendent de devoir remplacer leurs équipements pour faire la transition.

Est-ce que le marché de l’éthanol continue de se développer?

D.S. Il y a encore du profit à faire, mais c’est maintenant un marché stable.

S.M. Nous produisons autant d’éthanol qu’on peut pour le marché de la gazoline et ça ne changera pas. L’EPA – Environmental Protection Agency – reconnaît ça.

D.S. La demande pour la gazoline est en diminution. Qui l’aurait crû?

S.M. Nous avons une demande technique de 15 milliards de gallons d’éthanol pour l’an prochain, ce qui représente 5 milliards de boisseaux de maïs. Mais l’EPA a fixé les besoins à 13,5 milliards pour cette année, en raison de la baisse de la demande de carburant.

Combien vaut une ferme porcine de 500 truies en Iowa?

S.M. Pour être honnête, 500 truies en Iowa, ça ne vaut probablement rien. Le standard d’une ferme porcine américaine, c’est 5000 truies et les engraissements qui vont avec. Je ne sais pas combien ça vaut.

Si vous aviez à choisir personnellement une production payante, laquelle serait-elle?

S.M. À court terme, les producteurs de porcs vont faire de l’argent, mais les producteurs de poulet aussi. Le prix du poulet devrait être élevé par ce que le bœuf et le porc seront tellement élevés.

D.S. Tyson Foods qui produit du bœuf, du porc et du poulet est actuellement très excitée pour sa division du poulet.

Vous pouvez lire l’article Vos questions sur les marchés à terme, la première partie de cet article, en cliquant ce lien.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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