Maraîchage : Stratégies marketing

Se tailler une part de marché pour les nouveaux joueurs tant bien que les anciens, et surtout la conserver n’est pas évident. La promotion des produits est un élément à ne pas négliger. Jordan LeBel, professeur de marketing alimentaire à l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia, propose quelques stratégies marketing pour attirer l’attention des consommateurs.

Selon ce dernier, le secteur est en effervescence, mais il a de grandes batailles à livrer pour avoir l’oreille du consommateur. Il rappelle que le défi ne se limite pas à développer de nouveaux produits. Pour qu’un produit soit durable, il faut que le client en achète plus d’une fois. « L’essai, c’est bien, mais c’est le deuxième achat qui est déterminant, qui fait en sorte que l’aliment en question trouve sa place dans la diète du consommateur », précise Jordan LeBel.

L’éducation des consommateurs, aussi louable soit-elle, n’est pas rapide. L’approche que préconise le professeur de marketing est de faire ses recherches en aval et en amont, et de déterminer quelles seront les meilleures façons d’influencer la décision d’un distributeur, autant que celle des consommateurs.

Si l’aliment ne fait pas partie du répertoire culinaire quotidien, il suggère de trouver une façon de le mettre dans la tête du consommateur. Un aliment qui a des propriétés anticancer aura plus de chances de retenir l’attention des gens, tout comme un légume qui goûte plus sucré intéressera davantage les parents qui veulent inciter leurs enfants à manger santé.

On peut également regarder du côté des tendances. L’une d’elles est de marier certains aliments avec le vin. Ainsi, proposer des mariages inusités de légumes savoureux avec un certain vin pourrait attirer l’attention des sommeliers ainsi que des fins gourmets.

Enfin, puisque nous vivons à l’ère du prêt-à-manger et que les collations santé ensachées ont déjà fait leurs preuves, pourquoi ne pas élargir l’offre des traditionnels bébés carotte et des quartiers de pomme? La valeur ajoutée, après tout, peut s’insérer ailleurs qu’au début de la chaîne de production.

Jordan LeBel suggère également de penser à ce qu’il appelle le « collatéral marketing », soit l’information que vous avez trouvé sur le produit qui inclut pourquoi les consommateurs l’achètent dans tel pays, de quelle façon il peut être apprêté, ainsi que l’historique de votre entreprise. Tout cela intéresse la distribution, car de plus en plus de consommateurs veulent savoir d’où proviennent leurs aliments et comment ils peuvent les apprêter.

Vous pouvez lire l’article complet sur le sujet dans le numéro de juin du Bulletin des agriculteurs à la page 45.

à propos de l'auteur

Journaliste et rédactrice en chef adjointe

Marie-Claude Poulin est journaliste et rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.

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