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Préoccupations de l’heure en santé des troupeaux laitiers

Colloque santePlusieurs conférenciers invités au dernier Colloque sur la santé des troupeaux laitiers ont abordé les sujets sensibles du remplacement des stabulations entravées par des stabulations libres pour les vaches et le retrait des hormones utilisées pour la synchronisation des chaleurs des vaches. Ces deux sujets sont importants aux yeux des consommateurs, ont dit les conférenciers.

Le Colloque 2014 portait le thème de La santé, le reflet de votre gestion. Il a rassemblé 250 participants le 20 novembre dernier à Drummondville. Il abordait les principaux défis qu’auront à faire face les producteurs laitiers dans les prochaines années en matière de santé. Pour son dixième anniversaire, le Colloque innovait avec une présentation en web-diffusion dans trois régions.

La journée s’est amorcée avec une conférence du professeur Luc Des Côteaux de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal qui abordait l’évolution de la médecine des troupeaux laitiers depuis 40 ans. De la création de l’Association des médecins vétérinaires praticiens du Québec (AMVPQ) en 1969 au lancement de l’Initiative proAction par le Producteurs de lait du Canada, l’industrie laitière a fait face à de nombreux défis, et a vu naître de nombreux programmes et de plusieurs organisations. Les dernières années ont notamment vu une baisse importante du comptage des cellules somatiques du lait grâce aux incitatifs de la Fédération des producteurs de lait du Québec.

Pour sa part, le vétérinaire Jérôme Carrier de Élanco Santé Animale Canada a présenté ce qui se faisait en production porcine en matière de biosécurité à la ferme. Selon les activités de l’entreprise laitière, des mesures de biosécurité appropriées peuvent réduire les risques d’entrée de maladies contagieuses.

Herman Barkema

Herman Barkema

Le professeur Herman Barkema de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Calgary abodait les changements auxquels l’industrie laitière canadienne doit faire face en terme de santé. Selon lui, les fermes deviendront plus grandes et les étables attachées disparaîtront. L’utilisation des antibiotiques sera plus restrictive et l’utilisation des programmes de synchronisation des chaleurs sera interdite. Herman Barkema fait d’autres prédictions comme les robots de traites qui deviendront la norme et la mise en place de plusieurs programmes de biosécurité.

Face aux défis qui attendent les producteurs en matière de reproduction, le professeur Jocelyn Dubuc de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, a rappelé l’importance d’une saillie pour la fécondation. Il s’agit selon lui de la raison principale d’un faible taux de conception. Même si l’avancée génétique apporte de l’espoir pour augmenter le taux de fécondité de vaches, le principal aspect à travailler reste le taux de saillie.

Le Dr Simon Dufour du Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine et la qualité du lait a rappelé les efforts déployés au cours des 10 dernières années pour améliorer la qualité du lait. Selon lui, il faut continuer à diminuer le comptage de cellules somatiques car les causes d’infection changent.

Le producteur Alcide Boisvert, copropriétaire avec son frère Michel des Fermes Boisvert 2007 a présenté les défis auxquels son entreprise a dû faire face. Le défi futur est d’établir les jeunes.

Alcide Boisvert, Christian Leduc, Simon Dufour, Luc Des Côteaux et Jérôme Carrier lors du panel.

Alcide Boisvert, Christian Leduc, Simon Dufour, Luc Des Côteaux et Jérôme Carrier lors du panel.

Lors du panel de fin de journée, Alcide Boisvert, le président du Colloque Christian Leduc, Simon Dufour, Luc Des Côteaux et Jérôme Carrier ont répondu aux questions de l’auditoire. Les sujets de la stabulation entravée et du retrait des hormones ont bien sûr été abordés. « Il faut concientiser les consommateurs », a dit Luc Des Côteaux. Pour sa part, Simon Dufour doute de la capacité d’éduquer le consommateur. Il cite en exemple le poulet aux hormones qui persiste dans l’imagerie populaire.

Côté hormone, Jérôme Carrier dit que l’industrie ne veut pas perdre un outil qui fonctionne bien. Simon Dufour a rappelé les demandes récentes de la FAO pour une agriculture de plus en plus productive. Selon lui, les hormones de synchronisation sont un moyen d’y parvenir. Pour sa part, Luc Des Côteaux a rappelé l’importance de travailler sur les baisses de fertilité.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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