Prêts pour le nématode à kyste du soya? (suite)

Les populations dépistées au Québec, même à Saint-Anicet, sont encore beaucoup trop basses pour provoquer des dommages au soya. Aucun symptôme visuel n’a encore été attribué à la présence du NKS. Si c’était le cas, les populations seraient déjà élevées et les rendements auraient déjà été affectés.

Le NKS semble préférer les sols légers, mais l’expérience en Ontario a démontré qu’il finit même par se multiplier dans les argiles lourdes. Il se déplace peu dans le sol; c’est plutôt par les déplacements de sol (machinerie, vent, eau, oiseaux migrateurs) qu’il étend son aire géographique. Devant l’impossibilité de le stopper, l’Agence canadienne d’inspection des aliments l’a déréglementé en novembre dernier. Contrairement au nématode doré, les producteurs touchés ne se verront imposer aucune restriction. Ils ont toutefois avantage à limiter sa dispersion en travaillant les champs touchés en dernier et lavant les équipements souillés par la boue et la terre.

Les symptômes sur les plants de soya apparaissent environ deux mois après les semis, souvent dans les endroits de fort trafic de machinerie (entrée des champs) ou de stress hydrique. Ils s’observent par endroits, sous forme de plaques de feuillage jaune arrondies ou ovales. Il y aura entre autres rabougrissement des plants, jaunissement des feuilles, sénescence hâtive et perte de rendement.

Le NKS peut être à l’origine de rendements qui diminuent sans raison apparente. Il peut aussi laisser croire qu’un traitement herbicide a mal fonctionné, parce qu’il ralentit la fermeture des rangs.

À défaut de pouvoir distinguer les symptômes visuels de ceux occasionnés par d’autres problèmes (carence en azote ou potassium, phytotoxicité d’un herbicide, compaction ou stress hydrique), le dépistage s’impose. À l’aide d’une pelle, on déterre un plant et ses racines pour tenter de voir les kystes sur les racines.

Avec les faibles niveaux de population au Québec, il est plutôt recommandé d’envoyer des échantillons de sol au laboratoire. Le meilleur moment est à l’automne, dans les jours avant ou après la récolte. Les producteurs doivent communiquer avec Katia Colton-Gagnon, au CÉROM (450-464-2715, poste 242), qui pourra diriger les échantillons de sol aux laboratoires d’AAC.

Lisez l’article au complet dans Le Bulletin des agriculteurs, numéro d’avril 2014

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