Application d’azote dans le maïs : patience

Dans les conditions actuelles, il est peut-être préférable d’attendre pour faire une application d’azote en post-levée dans le maïs

Dans la partie sud-ouest du Québec, bon nombre de producteurs ont déjà appliqué l’azote dans leur maïs. Dans d’autres régions par contre, les plants approchent du stade 6-8 feuilles, celui où il est normalement recommandé de faire cette application. Mais compte tenu des conditions actuelles, peut-être vaut-il mieux attendre un peu, selon Stéphane Myre, agronome chez Bayer. En particulier si l’on prévoit appliquer de l’urée à la volée, car dans les conditions chaudes et sèches qui prévalent, les pertes d’azote par volatilisation pourraient excéder les 50 pour cent. «Appliquer de l’urée à la volée en ce moment, c’est un gros pensez-y bien», lance-t-il.

«La croissance du maïs est pas mal au ralenti actuellement à cause du manque d’eau, explique-t-il. Si l’on applique de l’azote, les plants ne seront peut-être pas en mesure de l’utiliser pleinement. Et puis, encore faut-il que leurs racines y aient accès. Beaucoup de producteurs injectent l’azote dans l’entre-rang. Or, le manque d’eau limite le transport de l’azote.»

N’y a-t-il pas un risque de carence, par contre? Le conseiller se fait rassurant. Si un démarreur a été appliqué au semis, il croit que les plants disposent encore de l’azote dont ils ont besoin. Une exception : si le fertilisant utilisé au semis est de type «pop up», c’est-à-dire s’il a été appliqué dans le sillon. «On en applique généralement de 10 à 12 gallons à l’hectare, analyse-t-il. C’est l’équivalent de seulement cinq à dix unités d’azote à l’hectare selon le produit. En comparaison, les démarreurs granulaire ou liquide placés à deux pouces de la semence et deux pouces de profondeur s’appliquent généralement à raison de 30 à 50 unités d’azote selon le démarreur employé.»

Si la patience est de mise, c’est aussi parce que les besoins en azote des plants de maïs iront en augmentant à mesure qu’ils croissent. «Grosso modo, les plants utilisent la moitié de leur azote avant la floraison et l’autre moitié après, souligne l’agronome. Si l’on applique l’azote trop tôt en saison, il risque d’en manquer à l’autre bout.»

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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