Détecter les maladies dans le champ, une question de flair

Des chiens ont été dressés pour détecter des pathogènes dans les champs

On dit que le chien est le meilleur ami de l’homme. Il semble en effet que la race canine ait encore des surprises en réserve en ce qui a trait aux services qu’il pourrait rendre. Un programme récemment mis en place en effet utilise le flair des chiens pour détecter la hernie du chou (clubroot) dans les champs de canola.

L’idée n’est pas nouvelle, selon Michael Harding, phytopathologiste à Alberta Agriculture and Forestry. Elle circulait en fait depuis cinq ans mais a pris forme à la suite de l’appel au printemps dernier d’un dresseur de chien du Nouveau-Brunswick qui s’interrogeait sur les capacités des chiens à détecter les maladies dans les cultures.

Après quelques discussions, Bill Grimmer et Mario Bourque, du Grimmer’s Canine College de Shediac, au Nouveau-Brunswick, et lui-même ont convenu de procéder à un essai sur la hernie du chou. Quatre chiens ont été sélectionnés en raison de leur niveau élevé d’énergie et leur désir de plaire. Ils ont ensuite été entraînés à l’aide de spécimens  infectés.

Les chiens ont été entraînés à l’intérieur avant de passer à la détection à l’extérieur, un défi avec toutes les distractions possibles pour un chien, autant aux niveaux visuels, sonores ou olfactifs. Après quelques mois, les chiens ont été amenés à vérifier leur flair sur le terrain.

En octobre, les entraîneurs et leurs chiens sont arrivés en Alberta pour visiter quatre champs de canola, deux dans le sud de la province et deux autres près d’Edmonton. Les deux chiens sélectionnés pour ce projet était un Berger allemand de deux ans, Josie, et un Goldendoodle de huit mois provenant d’un refuge pour animal.

Le test a été concluant puisqu’en utilisant les techniques apprises dans leur entraînement, les chiens ont détecté la maladie. Ils ont jappé, mis leur museau dans la terre près des plants infectés et déterré ces derniers.

Selon M.Harding, l’apprentissage s’est fait rapidement, à son grand étonnement. “Les chiens provenaient du Nouveau-Brunswick et n’avaient jamais mis les pieds dans un champ de canola auparavant, en plus d’avoir à travailler quelques distractions, comme des tamias.»

Bien que Adi et Josie soient de bons exemples de “chiens de travail”, presque toutes les races pourraient être formées à cette tâche, a déclaré M.Harding. «Certains chiens ont des avantages en matière de détection des odeurs », a-t-il déclaré. «Tous les chiens ont la capacité de le faire. C’est seulement une question de récompenser le comportement que vous souhaitez renforcer ». « Vous pourriez facilement former un chihuahua ou un Danois, mais nous recherchons des chiens pouvant se déplacer facilement dans les champs et être faciles à transporter.»

Les entraîneurs ont mis des colliers GPS sur les chiens afin de pouvoir cartographier les champs et voir où les chiens s’arrêtaient. Les résultats peuvent ensuite être cartographiés et affichés sur un iPad.

Il y a plusieurs avantages à utiliser un chien pour détecter la hernie du chou. Ce moyen est plus rapide que de marcher dans un champ à la recherche de plants rabougris ou endommagés, pour ensuite les déterrer pour voir s’ils sont infectés. Cela pourrait également être un moyen de détecter la présence de la maladie lorsqu’une infestation est à un stade très précoce.

Certains producteurs de canola pourraient vouloir former leurs chiens à détecter maladie. Les dresseurs de chiens pourraient également vouloir ajouter la détection de la hernie du chou à leur liste de services.

«Il s’agissait d’un projet de recherche visant à déterminer la faisabilité. Nous avons fait notre part», a déclaré M.Harding, en ajoutant qu’il aimerait bien voir l’industrie prendre la balle au bond.

Certains pourraient se montrer sceptiques devant la volonté de l’industrie d’adopter des chiens renifleurs, mais M.Harding a des idées d’études supplémentaires pour compléter ce premier essai réussi. « Nous nous demandons s’il est possible d’apprendre aux chiens à détecter les spores au repos dans le sol », a-t-il déclaré. « Et si nous pouvions les entraîner à détecter les spores au-dessus d’un certain seuil dans le sol, peut-être serait-il aussi possible de leur demander de renifler le matériel afin de déterminer s’il était propre ou s’il devait être lavé.»

Source: traduit de l’anglais, Alexis Kienlen-Alberta Farmer

 

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