Gestion des résidus et efficacité des herbicides

Comment gérer efficacement les cultures de couverture pour permettre une meilleure efficacité des herbicides

La présence de cultures de couverture dans les systèmes de production influence-t-elle l’efficacité des herbicides appliqués pour le brûlage avant le semis ou en pré-émergence? Est-ce que l’activité résiduelle de certains de ces traitements est affectée? Un récent article du service de l’extension de l’Université de l’État de l’Iowa, aux États-Unis, résume les résultats obtenus par différents chercheurs.

La gestion des résidus et l’efficacité des herbicides en système de semis direct a déjà fait l’objet de plusieurs études. Une quantité suffisante de pluie (> 67,5 mm) permet aux herbicides appliqués en pré-émergence d’atteindre le sol. Les résultats ont démontré entre 70% et 90 % du produit utilisé se retrouve dans la zone désirée. D’ailleurs, une accumulation de 15 mm est suffisante pour délaver la majeure partie du produit chimique. « Les résidus morts ne représentent pas un enjeu pour l’interception des herbicides », concluent les spécialistes. Mais qu’en est-il pour les résidus vivants qu’on retrouve dans les engrais verts? Des chercheurs de l’Université de l’État du Missouri ont mesuré la quantité de l’herbicide sulfentrazone (Authority) atteignant le sol selon différentes stratégies et pratiques culturales.

Plusieurs espèces de cultures de couverture ont été établies à l’automne. Une combinaison de glyphosate et 2-4D a été appliquée 7 et 21 jours avant le semis de soya pour détruire les engrais verts. L’herbicide sulfentrazone a été ajouté au mélange pour fournir une activité résiduelle au brûlage en pré-semis. La concentration de l’herbicide a été mesurée dans les 12,5 premiers centimètres du sol immédiatement après l’application et tout au long de la saison de croissance. Ceci afin de déterminer l’impact des cultures de couverture sur l’interception de l’herbicide et de sa disponibilité pour le contrôle des mauvaises herbes.

Les résultats indiquent une biomasse d’environ 50 % plus élevée lors de la destruction tardive des engrais verts. Cette plus grande biomasse réduit la quantité d’herbicides atteignant le sol de plus de 50 %. On remarque aussi une diminution d’environ 5 % de la concentration de l’herbicide dans le sol 28 jours après l’application, et ce, pour les deux dates de terminaison. Ceci suggère que l’herbicide capté par les engrais verts plus développés (terminaison tardive) n’a pas été relâché dans le sol et n’est pas devenu disponible pour le contrôle des mauvaises herbes. D’ailleurs, la moins grande disponibilité du sulfentrazone a causé une diminution de l’efficacité de l’herbicide d’environ 20 % pour l’amarante tuberculée (waterhemp) appartenant à la famille des amarantes.

Les spécialistes croient que si les engrais verts sont détruits assez tôt avant le semis (hauteur entre 30 cm et 45 cm), il est possible d’inclure un herbicide résiduel dans le mélange sans compromettre son efficacité sur le contrôle des mauvaises herbes plus tard en saison.
Par contre, pour les cultures de couverture qui sont détruites plus tard, surtout si le couvert végétal est dense, il serait préférable d’ajouter l’herbicide résiduel lors d’une application en post-émergence.

Source : Crop extension, Université de l’État de l’Iowa

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