Journée agronomique à Sainte-Martine

Dans un chantier de nivellement, comment établir le point GPS-RTK fixe auquel seront associées les données GPS prises dans le champ? Quelles sont les pentes minimales à maintenir dans le sens des rangs et en sens perpendiculaire? Comment déterminer si un champ possède la teneur en humidité optimale pour y faire entrer une niveleuse? Est-il utile d’enchaîner avec un sous-solage? Voilà quelques-unes des questions abordées lors de la Journée agronomique qu’ont tenue de façon conjointe le groupe-conseil Pleine Terre et le semencier Pioneer le 22 août dernier aux Fermes Laberge inc., à Sainte-Martine, en Montérégie-Ouest.

L’événement a mis l’accent sur le nivellement tout en abordant aussi le taux variable et la maturité des cultures. Quatre ateliers thématiques suivis d’un panel de producteurs étaient offerts à la centaine de participants.

Que de chemin parcouru depuis cette époque pas si lointaine où le nivellement se faisait à l’œil! Des conseillers de Pleine Terre ont décrit dans le détail leur utilisation de différents outils : la photographie aérienne à l’étape du diagnostic, le GPS-RTK pour le relevé micro-topographique, les logiciels de conception du plan de nivellement.

Mais un chantier fait appel autant à l’expérience qu’à la technologie. Ainsi, le groupe-conseil a suivi deux sites de culture pendant trois ans afin d’évaluer les effets du nivellement sur le rendement. Leur constat : oui, le nivellement a permis une hausse du rendement, mais surtout, il en a réduit la variabilité.

Parlant de variabilité, le taux variable intéresse particulièrement les producteurs qui ont apporté les correctifs voulus à leurs champs en matière de drainage et de nivellement et cherchent d’autres moyens d’améliorer leurs rendements. Des représentants de Pioneer ont décrit les étapes à franchir pour rentabiliser cette approche. Ils ont insisté en particulier sur l’importance de commencer à cumuler des données de rendement dès que possible. Il faut garder à l’esprit qu’au moins trois années de données sont requises pour asseoir un semis à taux variables sur des bases solides.

C’est d’un autre type de variabilité dont il était question dans l’atelier sur la maturité des cultures : la météo en dents de scie qui caractérise la présente saison de culture. Un représentant Pioneer en a analysé les effets sur les différentes cultures. Il s’est penché notamment sur le jaunissement observé dans le maïs en plusieurs endroits. Bien sûr, le lessivage de l’azote résultant des nombreuses pluies a joué un rôle dans ce phénomène. Mais d’autres facteurs sont probablement en cause tels la minéralisation de l’azote, le manque d’oxygène résultant de la saturation du sol en eau ainsi que la formation d’une croûte en surface du sol.

Que nous réserve la suite de la saison? Nul ne s’est risqué à le prédire. Mais une question occupe tous les esprits : quand surviendra le premier gel?

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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