Prendre son mal en patience avec les sols humides

Ces dernières années, Mère Nature met à l’épreuve la patience des agriculteurs avec des printemps froids, pluvieux ou encore pire, des chutes de neige tardives. Encore cette semaine, des régions du Québec ont reçu de bonnes quantités de neige. Ailleurs, la fonte des neiges prendra un bon moment en raison de la quantité de neige tombée durant cet hiver. Pour toutes ces raisons, la fenêtre pour le début de la saison sera certainement retardée dans plusieurs régions.

Des producteurs pourraient se sentir pressés d’entrer le plus vite possible dans les champs pour débuter les semis, même si les conditions ne sont pas idéales. L’Institute of Agricultural and Natural Ressources s’est penché sur le sujet en rappelant les dangers associés à un départ des travaux précipité.

On le sait, les sols humides sont facilement compactés une fois labourés ou enfoncés. Les particules de sol se trouvent alors lubrifiées et “glissent” facilement sous le poids de l’outil et/ou des pneus. La compaction des parois latérales lors de la plantation peut être un problème dans les sols humides, en particulier si la culture est “boueuse” et qu’une période sèche se produit après la plantation.

Il est recommandé de faire une vérification rapide des conditions d’humidité du sol en prenant une poignée de terre selon la profondeur de plantation (ou de la profondeur de travail du sol, selon le cas). On presse ensuite les mains pour faire une boule de terre. Si de la terre humide colle à la main, le sol est probablement trop humide. Il faut ensuite laisser tomber la boule de terre au sol, à partir de la taille. Si la boule ne se sépare pas au contact de la surface du sol, c’est un autre indice que les conditions sont probablement trop humides.

Même sans labour, attendre un jour ou deux que le sol s’assèche assure que les conditions seront meilleures pour l’établissement du peuplement. Le bourrage dans la culture entraîne souvent un maculage des graines, un compactage des flancs et/ou un suremballage des semences. L’émergence inégale qui en résulte et les peuplements plus pauvres réduisent souvent les rendements, davantage que la légère réduction du rendement résultant de la plantation ultérieure.

Source: Farms.com

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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