Quand moins de labours enrichit le sol

Trois producteurs d’horizons différents ont fait part de leurs observations et de ce qui les a menés à réduire et même éliminer le labour dans les champs lors d’une conférence, Farm Smart Conference, qui avait lieu à Guelph.

Pour Kevin Nixon, producteur près de Ilderton, un sol en bonne santé signifie une infiltration plus rapide de l’eau. Quand le sol supporte l’infiltration de l’eau, cela veut dire une meilleure capacité à supporter l’équipement et une décomposition plus rapide. C’est à la suite d’une conversation avec un autre producteur à la fin des années 90 qu’il dit avoir eu un moment de révélation. Alors qu’il cherchait des capteurs de rendement, il s’est fait dire que ce n’était pas la fertilité du sol qui apportait le rendement mais la disponibilité de l’eau. L’eau aide à créer des cultures saines en aidant entre autres au développement des racines, ce qui réduit également le compactage.

A la ferme qu’il exploite avec son frère, ils utilisent le semis direct, le travail au sol et l’équipement à faible compaction pour gérer la santé des sols.

Une autre participante, Kate Protec, a confirmé que la gestion de l’écoulement de l’eau sur sa ferme était importante pour maintenir la fertilité et la rentabilité des sols. La ferme s’est débarrassée de sa charrue en 1992. La plupart des champs qu’ils exploitent ont été systématiquement drainés, bien qu’il y ait encore des problèmes dans certaines zones. Dans ces endroits, ils ont installé des voies d’eau et des bandes gazonnées. La plus grande partie des terres des Proctor sont cultivées en utilisant un planteur JD 1790. Ils n’utilisent pas encore beaucoup de cultures de couverture, car ils font du semis direct, mais c’est un sujet qu’ils sont en train d’examiner.

Un producteur bio, Brett Israel, a pour sa part indiqué qu’ils tentaient de réduire les labours mais qu’ils doivent composer avec le fait de devoir garder les mauvaises herbes sous contrôle et être rentable.  L’apport en fertilisation est important et leurs besoins sont comblés en partie par le purin provenant de leurs porcheries.

Les cultures de couverture sont également importantes. Elles sont plantées après le blé ou d’autres céréales de printemps. Ils utilisant un Gator pour pulvériser les semences de cultures de couverture, qui peuvent aller d’un mélange comptant de trois  à 14 espèces. Ensuite, le fumier est appliqué et enfoui par les labours, ce qui aide la culture de couverture à s’implanter. Un tour avec les disques à l’automne est suffisant pour mettre fin aux cultures de couverture mais il faut surveiller la biomasse car une trop grande quantité peut nuire à la récolte de l’année suivante.

Selon Brett Israel, il faut décider des problèmes à régler avant de faire son choix sur le mélange de plants de couverture, et non pas pour faire “fancy”.  Ils ont semé des cultures de couverture dans le maïs avec une boîte à grains placée sur leur cultivateur Kongskilde Intellivibro. Ils les appliquent lors de leur dernier passage dans le champ. Il dit ne pas avoir vu de diminution de rendement en intercalant son maïs. Ils prévoient bientôt essayer d’intercaler des graines de soya.

Source: Farmtario

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