L’expérience d’un producteur avec l’avoine et la féverole

Voici l’expérience vécue par Martin Bourgeault de la Ferme Bograin avec l’avoine et la féverole

Avec ses cultures de couverture, le producteur Martin Bourgeault poursuit un triple objectif : apporter de l’azote à la culture suivante, «pomper» les nitrates et, bien sûr, éviter de laisser les sols à nu.

Martin Bourgeault de la Ferme Bograin

La ferme Bograin consacre 15 % de ses 480 ha au blé d’hiver et à l’orge de semence. Dans la rotation, le blé succède aux haricots secs et précède le maïs-grain alors que l’orge s’insère entre le soya et le maïs-grain. À noter que toutes les cultures de cette entreprise de Saint-Germain-de-Grantham, près de Drummondville, se pratiquent sur billons.

Il y a déjà plusieurs années que ces producteurs évitent de laisser leurs sols à nu après la récolte d’une céréale. « On a des sols qui sont très sensibles à l’érosion, explique Martin Bourgeault. Ce sont des sols de la série Bedford, des loams sableux sur fond de limon. Avant qu’on adopte la culture sur billon en 1992, on pouvait passer une semaine au printemps à combler des crevasses près des cours d’eau. »

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En 2018, le producteur a semé de la féverole après la récolte du blé d’hiver. Il poursuivait trois objectifs en optant pour cette légumineuse : apporter de l’azote à la culture suivante grâce à la fixation symbiotique; pomper les nitrates entraînés en profondeur et éviter de laisser les sols à nu.

Il se dit très satisfait des résultats. « La féverole a produit six tonnes de matière sèche à l’hectare et cette biomasse équivaut à 150 kg d’azote à l’hectare », indique-t-il. Combien de cet azote profitera au maïs-grain? Pour le savoir, il réalise cette année des bandes d’essais et un suivi de l’évolution des nitrates à l’aide d’un Soil Scan 360 avec l’appui de son club agro. Une bande ne recevra aucune fertilisation, trois bandes auront 40 unités d’azote au planteur seulement et le reste du champ aura droit à 40 unités au moment du sarclage aux alentours du stade 4-5 feuilles. Le reste de la fertilisation azotée sera ajusté selon les résultats des tests de nitrate réalisés au stade V7 au moment du billonnage; la quantité oscillera entre 0 et 80 unités.

« Une autre des qualités de la féverole, c’est qu’elle est facile à dégager au printemps parce qu’elle reste debout », signale le producteur, qui évalue le coût de la semence à 40 $/hectare.

Dans le cas de l’orge, c’est l’avoine qui a sa préférence comme culture de couverture. « À l’origine, on l’avait adoptée parce qu’elle était bien adaptée après un nivellement, raconte-t-il. Par la suite, on a décidé de la garder à cause de ses qualités. » Outre une protection efficace contre l’érosion hydrique, le producteur observe que l’avoine aide à maintenir la structure du sol. « J’ai l’impression que ses racines servent en quelque sorte d’agent liant », formule-t-il. En outre, il apprécie que l’avoine pompe les nitrates libérés par les fumiers appliqués après la récolte, lesquels seront ainsi disponibles l’année suivante pour le maïs-grain.

Martin Bourgeault se réjouit du coût de revient de cette culture de couverture. « On récolte environ 10 tonnes d’avoine sur 2,5 ha réservés à cette fin, décrit-il. Non seulement cela suffit pour nos semis l’année même, mais on en vend à un voisin. »

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à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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