Semis direct : appliquer le phosphore en bandes, c’est mieux

Une étude conclut que l’application en bandes du phosphore incorporé sous la surface du sol est préférable

Les avantages du semis direct sont reconnus pour la conservation des sols. Mais des inquiétudes sont apparues concernant le mouvement du phosphore (P). Les macro-pores créés par les vers de terre ou les racines deviennent des canaux pour le phosphore soluble lui permettant d’atteindre plus facilement les cours d’eau et de contribuer à la pollution de ceux-ci. Des résultats récents provenant de projets de recherche réalisés par Dr Merrin Macrae de l’Université de Waterloo révèlent plutôt l’importance du placement du fertilisant. « L’élément-clé est l’application en bande du phosphore, incorporé sous la surface du sol », explique la chercheuse. L’étude a été publiée dans le Vadose Zone Journal récemment. L’argile et le loam loameux sont les deux types de sol faisant partie de l’étude. Les observations ont été prises en simulant les conditions climatiques ressemblant à celles que l’on rencontre après la saison de culture : automne pluvieux, cycles gel-dégel durant l’hiver, pluies abondantes au printemps pouvant causer des inondations. C’est dans ces conditions que les probabilités de pertes de phosphore sont les plus élevées. Des composés de chlorure et bromure sont aussi utilisés pour faciliter l’étude de mouvement des ions en circulation. Des blocs de sols de 30x30x30 ont été prélevés des sites de producteurs-collaborateurs. Par la suite, des applications de fertilisants en surface et en bandes incorporées sont comparées. « La circulation des nutriments est plus élevée dans le sol argileux que les sols loameux », rapporte Dr Macrae. Toutefois, en situation de sols gelés, le transport préférentiel augmente dans ce type de sol également. Mais dans tous les cas, les applications en bandes réduisent les chances que le phosphore atteigne les macro-pores. « La quantité de phosphore mesurée à la sortie était réduite de 60 % », précise la chercheuse. De plus, la dose d’application est généralement plus faible en bande qu’à la volée. Ainsi, cette technique limite les risques de pertes de phosphore dans les cours d’eau sur deux fronts.

Source : Ontario Farmer

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