Tout ça grâce aux avancées technologiques

Un ancien agriculteur de l’Ouest canadien devenu chercheur, Maurice J. Hladik vient de publier un ouvrage Demystifying Food from Farm to Fork, avançant que les avancées technologiques en agriculture ont réduit les conséquences des conditions climatiques telles que celles vécues cet été.

Selon les calculs de M. Hladik, malgré la diminution attendue dans les rendements aux États-Unis, la récolte sera de loin supérieure à la moyenne enregistrée il y a dix ans. Les rendements attendus (128 boisseaux à l’acre) seraient considérés comme très bons si nous étions en 2002. Qui plus est, si rien ne vient encore changer la donne, on peut s’attendre à la cinquième plus importante récolte de tous les temps au pays de l’Oncle Sam.

Imaginez qu’en 1956, le rendement moyen atteignait 42 boisseaux à l’acre. Il était de 82 boisseaux à l’acre 32 ans plus tard, soit en 1988. Et aujourd’hui, on se désole de ne pouvoir produire «que» 128 boisseaux à l’acre.

Qu’est-ce qui a pu permettre un tel succès malgré des conditions climatiques extrêmes ?

Les recherches en génétique ont permis de nombreuses avancées, toujours selon M. Hladik. Les plants tolèrent d’être mis en terre plus près les uns des autres. Les réseaux racinaires sont plus développés et absorbent l’humidité plus efficacement. Les feuilles sortent plus tôt et vont chercher davantage d’énergie lumineuse pour leur croissance. Le contrôle des mauvaises herbes est facilité, ce qui permet d’économiser du temps, de l’eau et du carburant.

Ces jours-ci, dans certains états américains, des agriculteurs récolteront avec plaisir des cultivars résistants à la sécheresse qu’ils ont accepté de tester sur invitation de Monsanto et de Pioneer.  Parions que ce type de semence séduira de nombreux agriculteurs pour les achats de l’année prochaine…

Une autre recherche publiée en juin compare l’efficacité de la production agricole en 1980 avec aujourd’hui. Les auteurs, des chercheurs américains, ont comparé le temps qu’il fallait pour cultiver une superficie donnée de maïs il y a 32 ans avec aujourd’hui. Ils se sont également attardés aux effets des travaux aux champs sur l’érosion du sol et l’utilisation de l’eau en comparant les techniques d’aujourd’hui avec celles de 1980.

Seriez-vous surpris d’apprendre quel le temps consacré à la culture d’une unité de production de maïs, de riz ou de soya a diminué de 75% au cours de ces années ? Seul le temps qu’il faut pour cultiver le blé est demeuré pratiquement stable.

Les nouvelles pratiques culturales, les hybrides et la machinerie plus performante ont contribué à augmenter les rendements. Pour le maïs, on estime que les rendements ont augmenté de 64% (boisseau à l’acre). La culture du maïs génère moins de gaz à effet de serre qu’il y a 32 ans, la quantité d’eau utilisée est moindre et l’érosion du sol n’est pas aussi dommageable, toujours selon les auteurs.

Comme quoi, rien n’arrête le progrès.

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