Un lance parasite québécois

Une équipe du Département des sols et de génie agroalimentaire a mis au point un système de lutte parasitaire efficace et économique

Une équipe du Département des sols et de génie agroalimentaire de l’Université Laval a mis au point un système mettant de l’avant une approche biologique à un prédateur bien connu des grandes cultures, la pyrale du maïs.

Le professeur Mohamed Khelifi et ses collaborateurs ont mis au point une approche utilisant de minuscules guêpes de moins de 1 mm de longueur, appelées trichogrammes. Ces insectes pondent leurs œufs dans les œufs de la pyrale. Les larves de la guêpe dévorent l’œuf du papillon de l’intérieur.

Articles connexes

Les trichogrammes sont déjà utilisés. La façon actuelle de procéder consiste à élever en captivité une autre espèce de papillon, la pyrale de la farine par exemple, et d’utiliser ses œufs comme sites de ponte pour les trichogrammes. Ces œufs parasités sont collés sur des cartes qui sont ensuite accrochées sur les plants de maïs dans les champs. Chacun de ces œufs contient une larve de trichogramme sur le point d’atteindre le stade adulte. Les guêpes qui en émergent s’accouplent et les femelles partent à la recherche d’œufs de pyrale du maïs pour y pondre leurs œufs.

Cette méthode a par contre l’inconvénient d’être limitée pour de grandes surfaces en raison du temps et de la main-d’œuvre nécessaire pour installer les trichogrammes.

Le moyen utilisée par Le professeur Mohamed Khelifi et ses collaborateurs consiste à pulvériser pour disperser des œufs parasités par les trichogrammes dans les champs de maïs. Elle a l’avantage de projeter les œufs parasités sans les détruire en plus de résister à la pluie. Selon le professeur «Nous avons élaboré une solution composée d’eau et de deux produits comestibles, la gomme de xanthane et la gomme de guar. Cette solution assure une dispersion uniforme des œufs parasités dans le réservoir du pulvérisateur et elle leur permet de bien adhérer aux feuilles du maïs».

Des résultats dans des champs de maïs à Neuville ont démontré qu’ils étaient aussi efficaces que les trichocartes pour limiter les dégâts causés par la pyrale du maïs, tout en étant deux fois plus rapide à mettre en place.

L’équipe du professeur Mohamed Khelifi souhaiterait maintenant trouver des partenaires pour fabriquer le système de pulvérisation et pour en optimiser les composantes, en plus de tester leur méthode sur d’autres cultures affectées par la pyrale.

Source: Journal Le Fil

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires