Une cellule de crise pour le foin

Le MAPAQ, la Financière et l’UPA s’unissent pour trouver des solutions

La sécheresse préoccupe le milieu agricole à un point tel qu’une cellule de crise a été mise en place en juin ralliant le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), la Financière agricole et l’Union des producteurs agricoles (UPA).

« C’est la quatrième canicule depuis le printemps », dit dès le début de l’entrevue le directeur général de l’UPA, Charles-Félix Ross. Les régions les plus touchées sont Lanaudière, la Mauricie et la Montérégie. Le déficit hydrique dans ces régions est de plus de 60%. « C’est majeur », dit Charles-Félix Ross. Lanaudière est la plus touchée avec un déficit hydrique allant jusqu’à 80% comparativement à une année normale.

Toutes les cultures sont touchées par ce manque d’eau. « Ce qui est le plus inquiétant en ce moment, c’est la production de foin, dit Charles-Félix Ross. Dans le Bas-Saint-Laurent, c’est la quatrième année de sécheresse de suite. » Le foin récolté l’été permet de nourrir les animaux l’hiver prochain. Une pénurie possible de fourrages l’hiver prochain inquiète.

Dans certaines régions, le rendement de la première coupe a été moindre de 50% à 70% comparativement à une année normale.

« En juin, nous avons demandé au MAPAQ et à la Financière agricole de former une cellule de crise », ajoute le directeur général de l’UPA.

De son côté, l’UPA a demandé à ses groupes affiliés et ses fédérations spécialisées de l’informer à toutes les semaines de l’état de la situation. Un rapport est effectué et des actions seront entreprises.

Charles-Félix Ross cite en exemple la mise en place il y a deux ans d’une cellule de coordination pour permettre la rencontre entre les offres et les demandes de foin. Des webinaires pourraient aussi être organisés, comme celui qu’il y avait eu en 2018 lors de le pénurie de foin au Bas-Saint-Laurent.

L’UPA et la cellule de crise évalueront les moyens de nourrir les animaux l’hiver prochain, comme avec du maïs-ensilage. « Il faut commencer à réfléchir, à évaluer les options selon différents scénarios », dit Charles-Félix Ross.

Il ajoute que le prix du foin a déjà commencé à s’emballer du côté des vendeurs. Le site web Haybec est une bonne source d’information à ce niveau.

Du coté de la Financière agricole, la conseillère en communication et en relations publiques Valérie Beaulieu a confirmé plusieurs informations.  La Financière suit de près la situation concernant le manque de précipitations observées sur l’ensemble du territoire agricole québécois. Un comité de suivi réunissant des représentants de la Financière agricole du Québec, de l’UPA et du MAPAQ a été mis sur pied. Ce comité s’est réuni le 30 juin dernier et la prochaine rencontre est prévue le 14 juillet prochain. Un premier constat aurait été dressé à la suite de la première rencontre.

En date du 8 juillet, plus de 1260 avis de dommages étaient ouverts à l’assurance récolte pour cause de sécheresse. Il n’avait pas été possible de savoir toutefois quelles cultures étaient affectées et le nombre d’avis pour chacune. Le prochain état des cultures de la Financière faisant le bilan de la situation est prévu le 15 juillet prochain.

Mme Beaulieu a de plus rappelé que les dommages causés par la sécheresse sont couverts à l’assurance récolte. Des indemnités pourraient donc être versées. En 2019, la Financière a donné un coup de pouce aux producteurs en difficulté d’approvisionnement de foin. Un avis de dommage collectif avait aussi été promulgué à la suite des dommages liés au gel dans les prairies dans certaines régions.

D’autres informations à venir.

 

à propos de l'auteur

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Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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