10 000 porcs abattus samedi dernier

Les employés d’Olymel ont fait un blitz pour réduire le nombre de porcs en attente

Samedi dernier, 30 mai 2020, plus de 800 travailleurs d’Olymel ont accepté de travailler en temps supplémentaire dans le but de réduire le nombre de porcs en attente au Québec. L’effort a été bénéfique puisque les employés des trois abattoirs ouverts pour l’occasion, Yamachiche, Saint-Esprit et Ange-Gardien, ont abattus 10 046 porcs.

En date de samedi, le nombre de porcs en attente a donc été porté à 104 000. Selon les explications du porte-parole d’Olymel, Richard Vigneault, le nombre de porcs en attente prévus pour vendredi prochain, 5 juin, est de 91 000. Le nombre diminue donc doucement.

Richard Vigneault ne peut pas dire si l’événement sera répété ou non puisque le temps supplémentaire est sur une base volontaire. « C’est compliqué ouvrir une journée en temps supplémentaire parce qu’il faut des gens d’expérience, dans tous les postes de travail et c’est sur une base volontaire », explique-t-il.

Il écarte la proposition des Éleveurs de porcs de payer directement les employés pour le temps supplémentaire effectué dans le but de réduire le nombre de porcs en attente. C’est une question de souveraineté de l’entreprise d’abattage et du respect de la liberté des employés d’accepter de faire du temps supplémentaire ou non. Pour deux des cinq abattoirs d’Olymel au Québec, il n’a pas été possible de faire du temps supplémentaire samedi dernier.

En prévision des futurs congés qui s’en viennent le 24 juin et le premier juillet, ainsi que les chaudes journées d’été, Richard Vigneault ne peut pas se prononcer à savoir si l’entreprise réussira à écouler les porcs en attente ou si d’autres journées de temps supplémentaire auront lieu.

Les abattoirs du Québec roulent à 95%, celui de l’Alberta est à pleine capacité et il est impossible d’écouler des porcs dans les usines américaines qui ont des très grosses capacités d’abattage. C’est que de nombreuses usines d’abattages américaines sont arrêtées ou au ralenti en raison de la COVID-19.

D’ailleurs, la situation actuelle des porcs en attente au Québec est occasionnée par la fermeture temporaire de l’abattoir de Yamachiche à la fin mars et le ralentissement des activités d’abattage en raison de la COVID-19. Les mesures très strictes des normes sanitaires et le retour au travail des employés malades a permis de reprendre le rythme, mais avec un retard dans les abattages. C’est ce retard qui est difficile à éliminer.

Pour une bonne cause

Cette journée du 30 mai visait aussi à faire une collecte de fonds pour aider les personnes démunies et des organismes communautaires. Ainsi 2$ par porc, jusqu’à concurrence de 5000$, ont été remis à un organisme ou une cause charitable choisie par les employés de chacun des trois établissements.

De plus, en collaboration avec les Cuisines solidaires et la Tablée des chefs, Olymel a fourni les denrées alimentaires pour préparer trois repas par employé présent. Cela représente plus de 2000 repas remis à Moisson Mauricie-Centre-du-Québec pour l’abattoir de Yamachiche, à Moisson Lanaudière pour l’abattoir de Saint-Esprit et à S.O.S. Dépannage-Moisson-Granby pour l’établissement d’Ange-Gardien.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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