Bœuf Québec se restructure et embauche

Le déploiement de la marque Bœuf Québec est allé vite, trop vite. D’un côté, la demande a augmenté très rapidement. De l’autre, le prix de la viande a atteint des sommets que les joueurs n’avaient pas vu venir. Les difficultés des premiers mois ont obligé la Société des parcs d’engraissement à repenser son modèle d’affaire.

« Le prix du bœuf vivant est monté à 3$ la livre (de bœuf vivant); on ne l’avait pas vu venir, raconte le directeur général de la Société des parcs d’engraissement, Jean-Sébastien Gascon. Notre plan d’affaire était monté en fonction d’un prix à 2,40$ la livre. »

Bœuf Québec a été lancé le 8 mars 2017 avec beaucoup d’optimisme. La Cage – Brasserie Sportive avait décidé de mettre en vedette ce produit local dans les 46 restaurants de la chaîne, en plus des boucheries spécialisées et des restaurants chics qui en demandaient. Décidément, Bœuf Québec était bien parti.

Dans les semaines et les mois suivants, le prix du bœuf vivant a grimpé rapidement. Le prix de détail n’a pas suivi. Le risque devenait trop grand pour le principal partenaire de Bœuf Québec, le distributeur Colabor.

« Lorsque le prix du vivant augmente, il y a un grand décallage entre le prix payé (vivant) et le prix vendu (viande), explique Jean-Sébastien Gascon. Les gros joueurs sont habitués de vivre avec ces fluctuations. Mais c’était dur pour Colabor. C’est une société par action qui ne peut pas se permettre de vivre des pertes durant un mois. »

Dans le nouveau modèle d’affaire imaginé par la Société des parcs d’engraissement, le prix payé au producteur est déterminé en fonction du prix de la boîte de viande. Les propriétaires de parcs d’engraissement ne sont donc plus producteurs de bouvillons vivants, mais de boîtes de viande.

Dans le concret, les producteurs recevront parfois plus, parfois moins qu’à l’habitude. Au final, ça devrait s’équilibrer. « C’est de l’intégration inversée », explique Jean-Sébastien Gascon. Puisque Bœuf Québec appartient aux producteurs de bœuf, ils peuvent envisager un tel arrangement.

C’était la façon de redémarrer la livraison de bouvillons qui avait chuté de façon drastique. « L’objectif est d’atteindre et maintenir le seuil de 200 bouvillons par semaine, dit Jean-Sébastien Gascon. Je suis confiant de l’atteindre en novembre. Déjà, nous avons livré deux vannes et les chiffres sont pile sur ce qu’on avait calculé. »

Bœuf Québec embauche

Après des mois à travailler de très longues heures, Jean-Sébastien Gascon aura de l’aide. La Société des parcs d’engraissement a reçu un support financier du MAPAQ pour la création de deux nouveaux emplois. Le contrôleur aura comme responsabilité d’administrer et maintenir la comptabilité du programme Bœuf Québec. L’agent de développement filière commerciale bouvillon fera le suivi du plan d’action de la filière. D’autres postes sont envisagés ultérieurement.

 

 

à propos de l'auteur

Commentaires