Des robots chez les Campeau

Lorsque vient le temps de planifier une nouvelle construction, les producteurs laitiers sont confrontés à une grande question. Quel système de traite choisir ? C’est LA décision à prendre avant d’aller de l’avant. Alors que la quasi-totalité des projets est orientée vers la stabulation libre, nous vous proposons une visite chez trois producteurs qui ont chacun choisi un système de traite : robots, salle de traite conventionnelle et carrousel de traite. Dans cet article, apprenez-en davantage sur le choix de la famille Campeau.

Portrait Ferme Camporet

  • Municipalité : Brownsburg-Chatham, Basses-Laurentides.
  • Propriétaires : Daniel Campeau et Manon Bigras.
  • Relève : Cédric, 34 ans, et Hugo, 24 ans.
  • Troupeau actuel : 140 vaches, dont 125 à la traite, 240 têtes au total.
  • Avant la construction : 95 vaches à la traite.
  • Projet : construction d’une étable avec deux robots de traite, entrée en fonction en juillet 2014.

Hugo, Cédric et Daniel Campeau sont bien heureux de leur choix des robots de traite. PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

La ferme Camporet disposait d’une très bonne étable. Construite en 1984, elle avait été complètement rénovée pour apporter du confort aux vaches. Elle était notamment dotée de 14 trayeuses munies de retraits automatiques, de rails, de ventilation tunnel, de stalles larges et de matelas. « Il ne pouvait pas y avoir plus moderne », raconte Daniel Campeau, copropriétaire de la ferme Camporet avec sa conjointe Manon Bigras.

Cependant, la relève s’installait sur la ferme et il fallait penser au futur. L’aîné Cédric et le cadet de leurs cinq enfants, Hugo, souhaitent reprendre la ferme un jour. Daniel, Manon, Cédric et Hugo discutent donc des projets futurs. «Si on agrandit, c’est fini après », explique Daniel. C’est unanime: cette option n’aurait fait que reporter à plus tard la décision de construire. Ce qui limitait la famille Campeau, c’est leur permis environnemental de 225 unités animales sur leur premier site. En choisissant de loger les vaches à 152 mètres plus loin, ils pouvaient envisager d’atteindre la limite de 599 unités animales sans audiences publiques sur ce deuxième site. Ils optaient pour un projet à plus long terme. Et puis, ils rêvaient déjà d’une étable en stabulation libre.

En 2012, Cédric suit une formation de deux jours avec le consultant Jack Rodenburg de Dairy Logix en Ontario (dairylogix.com). Cet ancien spécialiste laitier du ministère de l’Agriculture de l’Ontario accompagne depuis 34 ans les producteurs laitiers dans leur aménagement d’étable et leur système de traite. Durant cette formation, Cédric en apprend davantage sur les différents choix qui s’offrent à eux. Entre parents et enfants, les discussions vont bon train. « Il fallait savoir quel genre de personnes on est, explique Daniel. Sommes-nous faits pour des animaux attachés ou lousses ? C’est très important.» La stabulation libre offre plus de possibilités pour augmenter la production en plus de représenter la voie de l’avenir en termes de bien-être animal. Leur choix est donc clair.

Reste alors à décider: robots ou salle de traite? «Il n’y a pas eu d’hésitation», se rappelle Manon. Le gain des heures de traite a été un puissant stimulant. «On ne comprend pas quand les gens disent que c’est le même temps de travail que la salle de traite », raconte Daniel. Dans les deux systèmes, il faut analyser les données, avec le temps de traite en moins pour les robots. Les Campeau ont visité une trentaine d’étables, pour la plupart en Ontario, parce qu’ils sont près de la frontière, mais aussi en raison de la mentalité des Ontariens plus orientée vers la stabulation libre.

L’étable est entrée en fonction en juillet 2014. Le projet a été bâti en deux phases. Dans sa phase 1, l’étable, située à 152 m (500 pi) de l’ancienne, mesure 40 m sur 70 m (130 pi sur 230 pi) et comprend deux robots. L’emplacement pour deux autres robots est déjà prévu dans la section construite dans la phase 1. Au moment de la visite, les Campeau venaient d’acheter le troisième robot. Avant l’installation du quatrième robot, la ferme Camporet devra construire l’agrandissement afin de loger un total de 280 vaches.

PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

Un grand soin a été apporté à la conception de l’arrière-robot. « Les gens n’y croient pas parce qu’ils ne veulent pas payer», explique Cédric. C’est lui qui est responsable des vaches en lactation. Seul, il peut isoler une vache et lui apporter tous les soins nécessaires. Comme dit son père, l’arrière-robot, c’est le nerf de la guerre. Hugo a la charge des animaux de remplacement, mais il connaît aussi très bien le système. Ils n’ont aucun employé pour le troupeau. Plusieurs aspects ont aussi été soigneusement étudiés, comme l’installation de plancher latté aux traverses des animaux et dans l’aire d’attente des animaux pour le robot. «

J’ai visité une étable où les producteurs grattaient manuellement les traverses d’animaux trois fois par jour», se rappelle Daniel Campeau. Il a donc cherché une solution. Le projet, c’est donc le développement d’un concept d’étable, pas seulement le choix d’un système de traite. Aujourd’hui, il n’a aucun regret sur l’argent dépensé, pas plus pour l’étable, que les robots, l’arrière-robot que tous les petits ajouts comme le plancher latté sous les traverses d’animaux.

DOSSIER SYSTÈMES DE TRAITE:

Un carrousel de traite chez les Beauchemin

Une salle de traite pour les Soesbergen

Des robots chez les Campeau

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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