Ligne de temps

La traite incomplète en début de lactation a fait ses preuves

Dans une conférence présentée au Forum Techno Novalait, le professeur Simon Dufour de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal a présenté les résultats du projet complété sur le contrôle du bilan énergétique par la traite incomplète.

En début de lactation, les vaches ont besoin de plus d’énergie que la ration leur en fournit. Cela a un impact sur l’incidence de maladies, comme l’acétonémie et la mammite. La façon traditionnelle de contrebalancer cet effet est de fournir une alimentation plus concentrée en énergie.

Dans un projet de recherche mené entre 2013 et 2017, l’équipe de Simon Dufour a démontré qu’il existe un autre moyen pour réduire cette problématique : la traite incomplète durant les premiers jours de lactation. Le but est de reproduire ce qui se passe en nature lorsque le veau tête sa mère. Durant les premiers jours, il ne boit pas tout le lait qu’elle peut produire.

Il suffit, durant les premiers jours de lactation, de traire un peu moins de lait des vaches (10 à 14 litres entre les jours en lait (JEL) 1 à 5). Cela a été vérifié en centre de recherche et sur 13 fermes commerciales.

Quelques effets notés :

– Les cotes d’hypercétonémie ont été réduites d’environ 60% entre les JEL 4 à 7 et de 35% entre les JEL 7 à 17.

– Le comportement des vaches ne semblait pas altéré.

– La production laitière totale des vaches n’a pas diminué.

– Il y a eu une augmentation d’élimination des infections intrammaires.

– Amélioration de la fécondité après une traite incomplète.

Cette méthode apporte beaucoup de bienfaits et nécessite peu d’investissements pour les fermes laitières. Selon le professeur Simon Dufour, il s’agit d’un outil additionnel qui ne remplace pas les autres moyens actuellement utilisés. De plus, il faut s’assurer de ne pas réduire la fréquence de traites.

« On peut dire que nos vaches ont un retour progressif au travail », conclut Simon Dufour.

Bilan du Forum Techno Novalait 2018

Le Forum Techno Novalait prouve que la recherche dans le secteur laiter québécois est bien vivante. Plus de 175 participants du secteur de la production et de la transformation laitière y ont pris part le 16 mai 2018 à Saint-Hyacinthe.

Le professeur Simon Dufour de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.
photo: Marie-Josée Parent

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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