L’Abitibi-Témiscamingue souhaite produire plus de foin de commerce

Le MAPAQ veut ainsi contrer la baisse d’entreprises de la région

La région de l’Abitibi-Témiscamingue pourrait produire plus de foin de commerce afin de contrer la baisse d’entreprises agricoles de la région.

« Nous avons perdu 20% des entreprises dans les 10 dernières années », explique en entrevue le directeur régional du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), Alain Sarrazin. En production bovine, la réduction est de 40% du nombre d’entreprises et de 20% des bovins. « On perd énormément de production animale », dit Alain Sarrazin.

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L’agronome explique la stratégie que le MAPAQ régional est en train de mettre en place. « On travaille à diminuer la décroissance, dit-il. La région a un haut potentiel de fourrages de qualité. Les terres sont encore abordables pour faire des fourrages. » Ceci n’est actuellement qu’à l’étape de réflexion pour l’instant.

Changement de vocation

Lorsque les fermes cessent les productions animales, elles ne ferment pas nécessairement leurs portes. Au Témiscamingue, les entreprises qui cessent la production animale se tournent souvent vers la production de grandes cultures. Le foin de commerce offre une opportunité au niveau des rotations des cultures.

L’Abitibi est une région plus froide, ce qui la rend moins propice aux grandes cultures. « L’an dernier, nous avons eu une sécheresse comme au Saguenay-Lac-Saint-Jean ou dans le Bas-Saint-Laurent, explique Alain Sarrazin. Cette année, les degrés-jours ne s’accumulent pas. On va voir si on peut produire des fourrages (pour le commerce). Les prochaines semaines vont être déterminantes. »

Seuil limite

Le directeur régional du MAPAQ explique que la région a diminué sous le nombre critique d’entreprises agricoles qu’elle s’était fixée. Au début des années 2010, ce seuil avait été fixé à 700 entreprises pour la grande région de l’Abitibi-Témiscaminque. Il y en a actuellement 580. À ce nombre, ce sont les services dans la région qui sont moins disponibles. Certaines MRC sont moins bien desservies de ce côté.

Ceci est d’autant plus important que la région est éloignée du Sud du Québec. Le Témiscamingue a l’avantage d’être près de l’Ontario, ce qui facilite l’accessibilité à des services. L’Abitibi est encore plus isolée.

Il y a tout de même un beau dynamisme dans la région. De jeunes entreprises voient le jour et le MAPAQ travaille à maintenant et à en créer d’autres par son programme destiné à la relève mis en place l’an dernier. Une dizaine de projets sont sur la table.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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