Le Porc Show influencé par les tensions mondiales

L'effet Trump et la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ont teinté les conférences

Pour sa 5e édition, le Porc Show était teinté de l’incertitude des marchés qui a marqué la dernière année. Avec la signature de l’Accord État-Unis Mexique Canada (AEUMC), le secteur peut respirer librement. Reste à voir maintenant comment il pourra bénéficier des marchés d’exportation.

Au total, 1100 personnes ont assisté à l’événement annuel qui permet de s’informer lors des conférences, de rencontrer des gens de l’industrie grâce à 70 exposants et de célébrer lors d’une soirée au cours de laquelle les bouchées de porc sont à l’honneur.

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International

Avec l’incertitude qui planait lors de la dernière année, les conférences ont fait une place importante au marché nord-américain et international, la Chine en particulier. Le porc est la viande la plus consommée au monde.

C’est le président d’AgriTrends, Brett Stuart qui a lancé la discussion en expliquant les effets de l’imposition de tarifs sur l’acier et l’aluminium imposés par les États-Unis. Le Mexique a réagit en taxant le porc américain. La Chine a aussi réagi de la sorte contre le porc américain. Si la Chine n’a pas l’habitude d’importer cette denrée, le Mexique en est cependant le premier marché d’exportation. Les effets se sont fait sentir jusqu’au Canada par une baisse drastique du prix du porc à l’été. La signature de l’AEUMC a permis au secteur porcin de mieux respirer.

La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis n’est toutefois pas terminée. Voilà une belle opportunité pour le Canada. « La Chine est votre futur », affirme Brett Stuart. Ce spécialiste de l’analyse des marchés souligne aussi la capacité du secteur du porc canadien de répondre aux attentes des acheteurs japonais. « J’ai vu votre porc au Japon, dit-il. C’est incroyable ce que vous faites. »

Effets de la peste porcine africaine

Le marché canadien du porc pourrait bénéficier de la peste porcine africaine en Chine où la maladie est présente dans toutes les régions. Selon Brett Stuart, la maladie est beaucoup plus répandue qu’on le dit. « Il y aurait environ 20% des cas officiellement déclarés », dit-il. Déjà, les Chinois, qui préfèrent habituellement le porc, diminuent leur consommation et se tournent davantage vers le poulet.

Protéines animales en croissance

Habituellement, il y a un abattoir de porcs qui se construit chaque 10 ans aux États-Unis. En 2017, trois ont ouvert leurs portes et un quatrième sera en fonction en janvier 2019. Les besoins de viande de porc seront en croissance. « Nous avons besoin du double de protéines animales dans le monde », dit Brett Stuart.

Zoom sur la production américaine

Le directeur des services vétérinaires de l’entreprise porcine Seaboard Foods, Luc Dufresne, a expliqué, de l’intérieur, ce qu’est la production porcine aux États-Unis. Seaboard Foods est une entreprise porcine intégrée de 340 000 truies. Il a expliqué que pour l’entreprise, l’important est de produire le nombre de porcs requis pour faire fonctionner les abattoirs. Concernant le bien-être animal, tout est une question de marché. Si les acheteurs ne le demandent pas, ils ne convertiront pas leurs porcheries pour loger les truies en groupe.

Maladies à surveiller

La DEP est une maladie qui est toujours présente dans les élevages porcins américains. Puisqu’elle cause de 1% de pertes de Seaboard Foods, ce n’est pas préoccupant puisqu’elle est contrôlée. Cependant, le SRRP est de loin la maladie la plus coûteuse.

Luc Dufresne est cependant préoccupé par la peste porcine africaine. La maladie n’est pas encore présente aux États-Unis. Cependant, les intestins de porcs américains sont envoyés en Chine pour être traités, puis retournés aux États-Unis. Même si les intestins de porcs américains sont supposés ne pas être sur la même chaîne de traitement que les intestins de porcs chinois, qu’en est-il réellement? Le vétérinaire s’en inquiète. Il dit que l’industrie du porc américain est prête, mais que la réceptivité du gouvernement américain n’y est pas.

Annonces

Plus de 1100 personnes étaient présentes, dont 24% de producteurs, lors de l’événement qui regroupe tous les acteurs de la filière porcine québécoise. Il s’agit du plus grand événement du genre pour le secteur porcin au Canada. Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne, ainsi que le député fédéral Jean-Claude Poissant y ont fait une allocution.

Le Réseau Santé Beauce obtient 135 492 $ pour la réalisation du « Projet pilote d’éradication des souches sauvages du syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP) dans la municipalité de Saint-Elzéar ». Pour sa part, le Centre de développement du porc du Québec reçoit 57 415 $ pour la réalisation de son projet « Évaluation des différentes technologies disponibles pour l’injection de traitements sans aiguille en production porcine ».

Prix reconnaissance

Sophie Bédard et Denis Richard, des Élevages Soden, ont reçu le Prix reconnaissance éleveur. Le Porc Show a aussi profité de l’occasion pour souligner le travail des ouvriers d’usine. La fondation du Congrès du porc ayant été dissoute en juin dernier, l’argent a été remise à une fondation ayant pour but de permettre à des jeunes de participer à l’évènement.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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