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Le reste du Canada devra s’habituer aux prescriptions vétérinaires

Le 1er décembre 2018, les producteurs agricoles des autres provinces canadiennes feront comme au Québec

Si au Québec, nous sommes habitués aux prescriptions vétérinaires depuis plus de 30 ans, ce n’est pas le cas pour les autres provinces canadiennes. Un fournisseur de produits agricoles ou un meunier devra dorénavant refuser de vendre un antimicrobien d’importance médicale ou un produit qui en contient si le producteur n’a pas de prescription d’un vétérinaire.

«Le plus gros problème pour nous sera de ne pas pouvoir vendre de la pénicilline, de l’aramycine, des tétracyclines, des bolus de récurage», a expliqué Stephen Hutton, propriétaire du point de vente d’intrants agricoles The Hitching Post à St. Marys, en Ontario. «Ce n’est pas une très grande partie de notre activité, mais une partie de notre activité qui nous aide dans le service à la clientèle: les personnes peuvent entrer et disposer d’un endroit pratique pour obtenir une bouteille de pénicilline et l’avoir sous la main pour traiter tout ce qui pourrait l’être.»

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Le but de ce changement apporté par Santé Canada vise à préserver l’efficacité de ces produits dans le traitement des infections chez l’homme.

Cette politique aligne le Canada sur l’UE, les États-Unis et la plupart des autres pays. «Nous avons été l’un des derniers (à l’échelle mondiale) à emprunter cette voie», a déclaré la directrice générale de l’Association de nutrition animale du Canada (ANAC), Mélissa Dumont.

Pour les membres de l’ANAC, le plus grand effet sera de loin l’augmentation de la tenue des dossiers. Certaines meuneries ne seront pas grandement affectées, même si leurs activités sont principalement liées au lait, puisque les aliments médicamentés sont rares. Par contre, les meuneries concentrées sur la volaille, le porc ou même le bœuf exigeront probablement de plus en plus de prescriptions de la part des producteurs, à compter du 1er décembre.

Ainsi donc, si pour le Québec, il n’y a rien de nouveau, pour le restant du Canada, on parle vraiment d’une révolution.

Voici 5 choses à savoir sur les changements antimicrobiens

  1. Une ordonnance du vétérinaire sera nécessaire pour l’achat auprès des meuneries de médicaments nouvellement ajoutés à une liste d’antimicrobiens d’importance médicale (AIM): suppléments, prémélanges, aliments complets. Des ordonnances seront également requises pour l’achat auprès des cliniques vétérinaires ou des pharmaciens des produits suivants: implants, produits injectables, médicaments dans l’eau, prémélanges médicamenteux à mélanger dans les aliments.
  2. L’Association canadienne des médecins vétérinaires dit que «pour émettre une ordonnance, un vétérinaire doit documenter qu’une relation vétérinaire-client-patient (RVCP) valide existe». Il n’est pas suffisant qu’un producteur ait visité et / ou reçu des services d’un vétérinaire clinique dans le passé. Au lieu de cela, il doit être démontré qu’un vétérinaire a la responsabilité de faire des évaluations et des recommandations concernant la santé des animaux et la nécessité d’un traitement médical, avant de pouvoir obtenir une ordonnance pour des antimicrobiens d’importance médicale.
  3. Les allégations relatives aux promoteurs de croissance liés au bétail ne seront plus autorisées sur les emballages de produits contenant des antimicrobiens importants sur le plan médical.
  4. Les étiquettes des produits contenant des antimicrobiens médicalement importants dans l’alimentation humaine et dans l’eau comporteront des «mentions relatives à l’utilisation responsable». Les lettres «Pr» (désignant un médicament sur ordonnance) seront affichées sur l’emballage de tous les produits pour lesquels une ordonnance est maintenant requise.
  5. Il est interdit de vendre ou de donner un médicament avec Pr sur l’étiquette à un autre producteur.

Source : Farmtario

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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