«Ça va bien aller». Cette phrase surmontée d’un arc-en-ciel et de deux petits nuages est devenue un hymne au courage durant cette pandémie. Les producteurs s’y sont mis à leur tour. C’est le cas d’une famille de producteurs laitiers de Lochaber de la région de Gatineau dont la photo de leur décoration est devenue virale sur les médias sociaux.
« Je fais toujours des décorations au coin du rang », raconte Roger Daetwyler, copropriétaire de la ferme Sternli avec son père Jacob.
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Lactanet a dévoilé les fermes laitières les mieux gérées au Canada en 2025 selon l’Indice de performance du troupeau (IPT). Sur les 25 mieux gérées, 13 proviennent de l’Ontario, 10 du Québec, une de la Colombie-Britannique et une du Manitoba.
Roger Daetwyler, sa conjointe et enseignante Marie-Pier Gagné et sa mère Évelyne qui travaille aussi à l’école ont eu l’idée de cet immense arc-en-ciel. C’est Roger et Marie-Pier qui l’ont construit « C’est d’actualité, raconte-t-il. On voulait donner un peu d’espoir. »
Ils ont utilisé neuf balles de foin qu’ils ont peint. Pour la photo, Robert et Marie-Pier sont debout sur les balles avec un drapeau des Producteurs laitiers du Canada. Marie-Pier a envoyé la photo à ses élèves pour les encourager.
L’été, ils utilisent le même principe pour annoncer le nom de la municipalité. La famille est très attachée à la communauté qui leur rend bien. L’an dernier, il y a eu un immense réseau d’entraide lors de l’effondrement du toit de leur grange qu’ils ont reconstruit et dans laquelle ils ont aujourd’hui un robot.
Producteur au temps de la COVID-19
Tant que la santé est présente, Roger Daetwyler est fier de produire du lait pour nourrir les Québécois durant cette pandémie. Il voit même certains côtés positifs au confinement : il y a moins de visites de vendeurs! « À part le camion de lait, on est en quarantaine », dit-il.
Il espère que la pandémie redorera l’image de l’agriculture qui a été malmenée durant les dernières années. « On aime que les gens réalisent d’où vient le lait », dit-il. Il apprécie aussi la tape dans le dos du premier ministre du Québec.
Donc, « tant qu’on peut continuer de produire du lait, ça va », dit-il. Il souhaite que ni lui, ni son père seront malades parce qu’ils n’ont pas d’employés. En congé, Marie-Pier les aide. Il y a donc une certaine crainte, mais aussi un baume sur le cœur de voir que l’agriculture est enfin reconnue.