Objectif : éliminer le SRRP par une approche collective

Robert DesrosiersDepuis l’avènement du syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP) il y a 30 ans, l’approche individuelle a toujours été préconisée par les producteurs de porcs. Quoique nécessaire, elle est insuffisante.

Avec toutes les connaissances que nous avons aujourd’hui sur cette maladie d’importance économique majeure, l’approche collective donnerait de meilleurs résultats. D’autant plus que l’élimination totale du SRRP du territoire du Québec apporterait un avantage économique important pour notre province.

Le vétérinaire Robert Desrosiers, de Boehringer Ingelheim Canada, est convaincu qu’il s’agit là de la meilleure option. Depuis de nombreuses années, Robert Desrosiers est reconnu pour son expertise au sujet de cette maladie. Il était conférencier lors du mini-colloque en production porcine intitulé La production porcine : Génération 2 organisé par le Groupe Évolu-Porc et tenu le 22 avril dernier à Sainte-Marie, en Beauce.

« Nous avons mis l’accent sur la biosécurité individuelle, dit-il. C’est important, mais ce n’est pas suffisant. On ne peut pas continuer comme ça. Il faut faire autre chose. »

Robert Desrosiers explique que la dernière année a été difficile en nombre de cas de SRRP. Et cela, malgré toutes les connaissances que nous avons sur la maladie depuis 30 ans. Et malgré un projet provinciale de veille sanitaire pour contrer le SRRP.

Éliminer le virus

Selon lui, le Québec est favorisé géographiquement pour éliminer le virus de ses élevages : rien au nord, rien au sud, et sans SRRP à l’est et à l’ouest. Il est donc envisageable de l’éliminer.

Le SRRP coûte chaque année 40 millions $/an à l’industrie québécoises. De son côté, le mycoplasme coûte 8 millions $/an. Robert Desrosiers évalue qu’il en coûterait 5 à 10 millions $ pour l’élimination de ces deux virus.

L’impact potentiel serait grand. « On augmenterait de beaucoup la compétitivité de la province », explique Robert Desrosiers. La province jouit déjà d’une bonne réputation internationale. Ce serait un coup de pouce supplémentaire pour les exportations. Tout cela s’ajoute bien sûr à des gains économiques pour les éleveurs périodiquement touchés et pour le bien-être des porcs.

Pour cela, il faudrait notamment convaincre les naisseurs-finisseurs mal situés de changer de vocation. Il faudrait aussi que les finisseurs gèrent leur site en tout plein – tout vide, et non seulement par porcherie. Cela impliquerait une grande implication des producteurs de porcs et nécessiterait une aide financière. Verrons-nous la fin du SRRP? C’est ce que l’avenir nous dira.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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