Pourquoi la gestion de l’offre?

Les récentes négociations internationales nous amènent à nous poser cette question

Suite à l’annonce du nouvel l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) survenu le 30 septembre 2018, nous avons interviewé le professeur titulaire Maurice Doyon du département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval sur l’impact de cet accord pour les secteurs de la volaille. Maurice Doyon est aussi titulaire de la Chaire de recherche économique sur l’industrie des œufs.

Nous lui avons demandé pourquoi faut-il sauver la question de l’offre. Il nous a plutôt répondu par une autre question. Voici ses propos:

«La question est : Pourquoi on a de la gestion de l’offre? La réponse, c’est que la gestion de l’offre règle un problème. En gros, quand on n’avait pas la gestion de l’offre, on avait deux producteurs qui produisaient la même qualité de produit, mais qui recevaient deux prix différents. Parce que c’était au bon vouloir de l’acheteur. Donc, c’est une question d’équité.

Pourquoi on a la gestion de l’offre? Parce que présentement, au niveau laitier, il y a trois entreprises qui achètent 80% du lait au Canada. Mais juste au Québec, il y a plus de 5000 producteurs de lait. On comprend que le rapport de force n’est pas le même.

Pourquoi on a la gestion de l’offre? Parce que ça permet aussi de faire des changements rapides à l’échelle de tout un pays comme le programme ProAction. Ça donne aussi un réseau d’action rapide.

Et pourquoi on a la gestion de l’offre? C’est aussi parce que quand un producteur est dans une situation qu’il a des coûts fixes et qu’il a un délai entre le moment où il prend une décision et le moment où son produit arrive sur les tablettes, et qu’il produit quelque chose qui est périssable, il se retrouve dans des situations d’offres excédentaires. Pis là, les prix, ça monte, ça descend. Faites juste regarder un graphique du prix du lait aux États-Unis au cours des 15 dernières années, vous allez tout comprendre.»

Dans une entrevue qui sera diffusée dans le numéro de février du magazine Le Bulletin des agriculteurs, Maurice Doyon nous explique les répercussions de l’AEUMC pour les productions avicoles.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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