Québec investit 150 M$ dans Olymel

Olymel veut améliorer son efficacité

Pour s'adapter à la nouvelle réalité de la COVID-19, Olymel a installé des diviseurs dans des endroits où il n'était pas possible de respecter la distanciation de deux mètres entre les travailleurs.

Le gouvernement du Québec et Investissement Québec investissent la somme de 150 millions de dollars dans Olymel. Le but est de soutenir son développement et de renforcer sa compétitivité.

De cette somme, 74 millions de dollars proviennent du ministère de l’Économie et de l’Innovation et 76 millions proviennent d’Investissement Québec. Le coût total des projets d’Olymel s’élèvent à 315 millions de dollars.

Olymel souhaite notamment améliorer l'efficience de ses processus et de ses équipements opérationnels dans l'ensemble de ses usines de transformation. Elle veut aussi mettre à niveau ses systèmes de gestion informatiques, aménager deux abattoirs de poulet existants afin d'effectuer du préemballage sur place, et ajouter un deuxième quart de travail à son usine d'abattage et de découpe de porc d'Ange-Gardien, en Montérégie. Selon Ghislain Gervais, cet investissement aidera à réduire l’impact de la pénurie de main d’œuvre.

Siège social fort

L’annonce a été effectuée sous le slogan « sièges sociaux forts au Québec ». En conférence de presse le mardi 18 mai, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, a expliqué qu’il ne craignait pas de voir le siège social d’Olymel quitter le Québec. « Le meilleur moyen pour se prémunir pour que des sociétés quittent, c’est de les rendre plus fortes », a-t-il dit. Suite à la demande de financement de la part d’Olymel, son ministère et Investissement Québec ont voulu « solidifier » l’entreprise. Il a ajouté que pour le gouvernement, il est important de « mettre la charge dans les batteries pour les rendre plus productives ».

Grève

Cette annonce survient alors que les employés de l’usine de Valley-Jonction sont en grève depuis le 28 avril. Pour Pierre Fitzgibbon, le gouvernement investit dans une entreprise qui a historiquement eu de bonnes relations de travail. « Notre support au groupe Sollio – Olymel se fait dans le contexte où, historiquement, il y a eu de bonnes relations de travail. On a tout lieu de croire que ça va changer pour la suite des choses », a déclaré le ministre.

Selon le président-directeur général d’Olymel, Réjean Nadeau, les demandes du syndicat sont inacceptables puisqu’elles rendraient Olymel non compétitive face à ses compétiteurs.

C’est pourquoi la demande d’un conciliateur a été faite auprès du ministère du Travail. Une première rencontre a eu lieu le mardi 18 mai.

« C’est bien sûr que les demandes de la partie syndicale telles qu’elles ont été formulées au niveau du monétaire auraient pour effet de nous sortir du marché, a expliqué Réjean Nadeau. À titre d’exemple, Valley-Jonction actuellement, les employés ont déjà une rémunération supérieure de presque 22%, 21.7% exactement, de plus que l’ensemble de nos compétiteurs canadiens. Donc, si on prend la demande du syndicat et on ajoute à ça, c’est une demande pour la première année qui est de l’ordre de 35% et une demande après trois ans et demi, selon la demande du syndicat, de l’ordre de 51.4%. »

Selon M. Nadeau, si Olymel avait accepté la demande du syndicat, la rémunération devenait maintenant de 65% supérieure aux compétiteurs canadiens. Il ajoute qu’Olymel exporte 60% de ses produits et doit donc être compétitrice avec les autres entreprises canadiennes et américaines.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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