Un traîneau pour vaches

Une vache s’écrase au fond de l’étable. Le producteur et son vétérinaire appellent en renfort les spécialistes de l’hôpital vétérinaire de Saint-Hyacinthe. Il faut y expédier l’animal en toute urgence. Sortir de l’étable et transporter un animal de 1500 livres (700 kg) qui ne se lève pas est loin d’être facile. Les risques de blessures pour le producteur, le transporteur, l’animal et finalement les animaliers de l’hôpital vétérinaire étaient jusqu’à maintenant une grande inquiétude. Ce n’est plus le cas.

« Nous ne sommes pas supposés tirer sur les animaux », explique le vétérinaire André Desrochers de l’Hôpital des animaux de la ferme du Centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV) de Saint-Hyacinthe. Un membre du personnel, également chasseur, parle d’un traîneau utilisé par les chasseurs pour sortir les animaux abattus en forêt. Le concepteur du traîneau Animal Skidder, Mike Cauchon, collabore avec l’institution pour concevoir un équipement adapté pour les vaches. Celles-ci sont en effet plus grosses que des orignaux ou des chevreuils. De plus, les vaches sont vivantes. Comment vont-elles réagir lors des manipulations et du transport?

Après des essais et des ajustements, l’Animal Skidder XL-AG ou tout simplement appelé Animal Skidder Agricole est sur le point d’être commercialisé. Il ne reste que les sangles à recevoir et installer, et finaliser la mise en marché. L’équipement devrait se détailler entre 789,96$ et 929,95$ selon les options choisies (sangles). Il sera disponible d’ici quelques semaines à la boutique de l’hôpital vétérinaire de Saint-Hyacinthe et chez BMR.

« Ça répond à un besoin, explique André Desrochers. À deux personnes, nous sommes capables d’installer l’animal sur la civière. Le plastique est glissant. Ça se manipule très bien. » L’hôpital ne dispose que deux copies pour l’instant, mais les producteurs et transporteurs qui l’ont vu à l’œuvre en veulent un. Le plastique est robuste et permet de déplacer l’animal facilement, même sur le ciment. Mike Cauchon explique que le plastique est résistant aux abrasions et qu’il est antibactérien. Il est donc facile à laver.

André Desrochers voit deux fins à ce traîneau ou civière : pour le déplacement de l’animal d’un endroit à un parc-hôpital sur la ferme, ou encore pour faciliter le déplacement de l’animal vers l’hôpital vétérinaire. « Nous voudrions que ce soit obligatoire, explique le vétérinaire. Nous ne sommes pas supposés de faire une traction directe sur un animal non ambulant. Il y a un risque d’empirer sa situation. Actuellement, il n’y a pas d’équipement pour cela. Notre but n’est pas de faire de l’argent. C’est de développer un outil. Nous voulons éviter les blessures lors de la manipulation des vaches. Je suis vétérinaire. La santé des animaux, ça me préoccupe. »

L’hôpital reçoit plusieurs cas de vaches qui ne peuvent pas se déplacer. Contrairement à ce qu’ils croyaient au départ, il n’y a pas eu besoin d’attacher les vaches sur le traîneau. Lors des essais, les vaches se sont laissées faire.

Le photo-reportage suivant a été réalisé avec la première version de traîneau pour vaches. La version commercialisée sera un peu plus large et aura des sangles. On y voit toutefois la façon de procéder pour y installer une vache.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires